Protéger nos enfants sans trembler : pour une vraie sécurisation des métiers au contact des mineurs !

Publié le 26 avril 2026 à 00:02

Il y a des sujets sur lesquels la société française tergiverse trop longtemps. La sécurité de nos enfants en fait partie. À chaque affaire, à chaque scandale, à chaque témoignage de violence dans le cadre scolaire ou périscolaire, l’émotion monte, les promesses affluent… puis tout retombe. Jusqu’au prochain drame.

Il est temps de sortir de cette hypocrisie. Oui, la mise en place de dispositifs de vidéoprotection dans les établissements scolaires peut se comprendre. Oui, elle peut contribuer à sécuriser certains espaces, à dissuader certains comportements, à objectiver des faits. Mais non, elle ne réglera pas tout. Et faire croire l’inverse serait une erreur.

La vraie question est ailleurs. Elle se situe en amont. Elle se situe au moment du recrutement. Aujourd’hui, nous continuons à fonctionner avec un système qui repose sur des vérifications réelles mais insuffisantes, parfois hétérogènes, souvent ponctuelles. On contrôle, puis on passe à autre chose. Comme si le simple fait d’entrer dans un métier au contact d’enfants suffisait à garantir, dans la durée, un comportement irréprochable. C’est une illusion.

Dans d’autres secteurs pourtant, la France a su être exigeante. Dans la sécurité privée, nul ne peut exercer sans autorisation préalable délivrée après vérifications approfondies. Le Conseil national des activités privées de sécurité examine les casiers judiciaires, mène des enquêtes administratives, croise les fichiers, et peut refuser ou retirer le droit d’exercer et cela ne choque personne.

Pourquoi ce qui est jugé indispensable pour protéger des biens ou encadrer des événements deviendrait-il soudain excessif lorsqu’il s’agit de protéger des enfants ? Pourquoi accepterions-nous moins d’exigence là où l’enjeu est infiniment plus grave ?

Il est temps d’assumer une position claire : nous devons instaurer une véritable carte professionnelle pour tous les personnels en contact avec des mineurs. Cette carte ne serait pas un gadget administratif. Elle serait un outil de protection. Elle serait délivrée uniquement après :

* vérification du casier judiciaire,* enquête administrative encadrée,* consultation des fichiers pertinents dans le respect du droit.

Elle devrait être renouvelable, révocable, et conditionner l’exercice même de ces fonctions.

Certains s’en offusqueront. Certains parleront d’atteinte aux libertés. Certains invoqueront des principes abstraits pour refuser des mesures concrètes.

Posons une question simple : qu’est-ce qui est le plus choquant ? Renforcer les contrôles, ou continuer à découvrir trop tard que des individus n’auraient jamais dû se retrouver face à des enfants ?

Car soyons lucides : aucun système ne sera parfait. Aucun dispositif ne permettra d’éliminer tout risque. Mais entre ne rien faire de plus et renforcer sérieusement les filtres, le choix devrait être évident et si cette exigence vaut pour les personnels éducatifs et périscolaires, elle doit aussi s’appliquer ailleurs.

Nos responsables politiques, qui votent les lois et dirigent le pays, sont aujourd’hui soumis à des exigences bien moindres que de nombreux professionnels. Là encore, le décalage interroge. Là encore, il fragilise la confiance.

Protéger les enfants, protéger les enseignants, protéger les personnels : voilà la priorité. Pas le confort des débats, pas la peur de heurter quelques sensibilités, pas le « qu’en dira-t-on ». Il ne s’agit pas d’opposer sécurité et libertés, il s’agit de rappeler une évidence : la liberté n’a de sens que si elle s’exerce dans un cadre qui protège les plus vulnérables.

Nous avons su créer des dispositifs exigeants dans d’autres domaines. Nous pouvons le faire ici.

La question n’est pas de savoir si cela plaira, la question est de savoir si nous avons enfin le courage de le faire.