Comme chaque année depuis 26 ans, j’étais hier aux Invalides afin d’honorer la mémoire de l’Empereur. Quelle déception de se retrouver si peu nombreux, à peine une petite centaine, alors que, si l’on regarde ne serait-ce que les réseaux sociaux, nous sommes des milliers à nous réclamer de l’héritage napoléonien…
Certes, je peux entendre qu’il n’est pas facile, un jour de semaine, de se rendre à Paris ; que le train coûte cher, que l’essence aussi, que chacun a ses contraintes. Mais, comme disait Napoléon : « Quand on veut, on peut. »
Mais au-delà de cela, le plus choquant reste cette volonté récurrente de certains, se prenant sans doute pour une élite, de privatiser l’hommage rendu à Napoléon en décidant qui peut ou non être présent. C’est une honte absolue.
Napoléon appartient à tous les Français. Tous doivent avoir le droit, un 5 mai, d’accéder au tombeau sans invitation, sans laissez-passer, sans carte d’association.
A-t-on besoin d’une invitation ou d’une adhésion pour honorer le général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises ? Bien sûr que non. Et pourtant, là aussi, il existe une fondation.
Je le dis et le répète : le 5 mai, au minimum, l’accès au tombeau de l’Empereur — je parle bien du tombeau et non du musée de l’Armée dans son ensemble — devrait être gratuit pour tous les citoyens.
Le culte napoléonien, le bonapartisme, ne sont pas réservés à une pseudo-élite. Ils appartiennent au peuple français tout entier, comme l’aurait voulu l’Empereur, lui qui n’était jamais autant chez lui qu’autour des feux de bivouac auprès de ses grognards