Depuis des années, le débat sur le pouvoir d’achat tourne en rond. On promet des chèques, des primes, des baisses de TVA censées tout régler. Mais la vérité est simple : une nation ne protège durablement le niveau de vie de son peuple que lorsqu’elle produit, contrôle ses secteurs stratégiques et défend le travail.
Une politique gaullo-bonapartiste du pouvoir d’achat doit partir du réel : l’État doit redevenir arbitre et protecteur, non spectateur.
Première proposition : réserver les aides publiques aux entreprises qui produisent en France ...
Chaque année, des milliards d’euros d’aides publiques sont distribués sans contrepartie sérieuse. Cela doit cesser.
Toute entreprise bénéficiant d’aides de l’État devrait être soumise à trois obligations simples :
maintenir l’emploi en France ;
investir sur le territoire national ;
participer à l’effort de redistribution vers les salariés.
Le contribuable français n’a pas vocation à financer des délocalisations. L’argent public doit servir la puissance économique nationale et les travailleurs français.
Deuxième proposition : créer un bouclier national sur les dépenses essentielles ...
L’énergie, l’alimentation de base et certains transports ne sont pas des produits de luxe. Ils conditionnent la vie quotidienne des familles.
L’État doit donc instaurer un mécanisme permanent de stabilité sur les produits essentiels :
baisse ciblée des taxes ;
tarifs réglementés sur l’énergie ;
contrôle temporaire des marges abusives en période de crise ;
sanctions renforcées contre la spéculation.
Quand la nation traverse des difficultés, il est normal que l’État protège les Français avant les intérêts financiers.
Troisième proposition : instaurer une véritable participation gaullo-bonapartiste ...
Le travail doit redevenir au cœur de l’économie nationale. Or aujourd’hui, la participation existe souvent de manière limitée, technique ou symbolique. Il faut retrouver l’esprit initial de la participation française, à la fois bonapartiste et gaulliste : associer pleinement les salariés à la vie et à la réussite de l’entreprise.
Bien avant le gaullisme social, cette idée était déjà présente chez Napoléon III, qui défendait une réconciliation entre le capital et le travail afin d’éviter à la fois l’écrasement social et la lutte des classes permanente. Charles de Gaulle reprendra ensuite cette ambition sous une forme plus moderne : faire du salarié un acteur de l’entreprise plutôt qu’un simple exécutant.
La participation doit donc reposer sur trois piliers :
participation aux bénéfices ;
participation progressive au capital ;
participation aux décisions de l’entreprise.
Concrètement, les salariés doivent pouvoir bénéficier automatiquement d’une part des résultats, accéder plus facilement à l’actionnariat salarié et être davantage représentés dans les grandes orientations stratégiques de leur entreprise.
À côté de cette participation durable, l’intéressement doit être développé comme un outil distinct, plus souple et directement lié aux performances économiques, à la productivité ou aux objectifs collectifs de l’entreprise.
Mais il faut être clair : ni la participation ni l’intéressement ne doivent remplacer la politique salariale. Les salaires rémunèrent le travail, les qualifications et l’expérience. La participation et l’intéressement répondent à une autre logique : celle de l’association des salariés à la réussite collective de l’entreprise.
Le danger serait de transformer ces dispositifs en substituts déguisés aux augmentations de salaires. Ce n’est ni leur vocation, ni l’esprit du gaullo-bonapartisme social.
Quatrième proposition : engager une véritable politique salariale nationale ...
Le pouvoir d’achat ne peut pas reposer uniquement sur des mécanismes fiscaux ou des redistributions ponctuelles. Il doit aussi passer par une revalorisation réelle du travail.
L’objectif doit être double :
augmenter les salaires nets ;restaurer la dignité du travail productif.
Cela suppose :
une baisse ciblée des cotisations sur les bas et moyens salaires ;
une négociation salariale plus favorable aux travailleurs dans les secteurs stratégiques ;
un soutien prioritaire aux entreprises qui augmentent durablement les rémunérations ;
une lutte contre la précarisation excessive du travail.
Une nation solide ne peut durablement vivre avec des travailleurs pauvres. Le salaire doit permettre de vivre dignement, de fonder une famille, d’épargner et de participer pleinement à la vie nationale.
Le pouvoir d’achat ne reviendra ni par les slogans ni par les artifices comptables. Il reviendra lorsque la France retrouvera une économie forte, un État stratège et une politique qui place le travail, la souveraineté et l’intérêt national au-dessus des logiques financières.