Le général de Gaulle ne parle pas comme un libéral contemporain, il ne considère pas le marché comme une vérité absolue ni l’économie comme une mécanique autonome à laquelle les nations devraient se soumettre. Au contraire, il rappelle implicitement une idée aujourd’hui presque disparue, l’économie doit rester au service du peuple et de la nation.
Pour lui, un capitalisme livré uniquement à l’argent finit par dissoudre les solidarités, affaiblir l’État et soumettre la politique à des intérêts privés ou financiers. Une nation qui abandonne son industrie, sa souveraineté économique et son indépendance finit tôt ou tard par perdre aussi sa liberté politique.
Cette vision est profondément étrangère à la droite actuelle. Les partis qui se réclament encore du gaullisme, comme Les Républicains, défendent aujourd’hui une logique beaucoup plus proche du libéralisme économique classique, dérégulation, adaptation aux marchés mondiaux, privatisations, concurrence généralisée et intégration dans un système économique globalisé. Or le gaullisme historique ne voyait pas l’économie comme une fin en soi. Il la considérait comme un instrument de puissance nationale et de cohésion sociale.
Mais cette critique française du capitalisme ne commence pas avec De Gaulle. Elle plonge ses racines plus loin encore, notamment dans le bonapartisme social de Napoléon III.
Napoléon III avait déjà compris que le capitalisme industriel pouvait produire une société profondément instable, concentration de la richesse, domination financière, misère ouvrière et fracture entre le capital et le travail. Pourtant, il refusait autant le socialisme révolutionnaire que le laissez-faire libéral. Comme De Gaulle plus tard, il cherchait une troisième voie. Une voie où l’État reste puissant, la nation conserve le contrôle de son destin, où ’économie serve le bien commun et les travailleurs soient associés à la prospérité nationale.
C’est dans cette logique qu’apparaît l’idée de “Participation”, reprise ensuite par le gaullisme. Dépasser la lutte des classes en associant davantage les salariés aux bénéfices, aux responsabilités et à la vie de l’entreprise. Cette tradition française, bonapartiste puis gaulliste, repose sur une conviction simple : le politique doit rester supérieur à l’économique.
Aujourd’hui, cette idée semble inversée.
La politique paraît souvent réduite à gérer les contraintes économiques, les marchés financiers, les normes supranationales ou les impératifs de compétitivité. L’État stratège a laissé place à un État gestionnaire. La souveraineté économique est devenue secondaire. Et le mot “gaullisme” lui-même est souvent utilisé alors que son contenu historique a pratiquement disparu.
Il peut exister en France une tradition politique nationale, sociale et souveraine qui refuse autant le marxisme que le capitalisme déraciné. Une tradition où l’économie doit servir la nation. Une tradition où l’État protège l’indépendance du pays. Une tradition où le pouvoir politique ne s’incline pas devant la finance.
Cette tradition je la sers avec mes compagnons de l'Appel au Peuple et c'est celle que je compte porter pour 2027.