Le 29 mai 2005, une majorité de Français rejetait par référendum le projet de Constitution européenne. Ce vote n'était ni un accident ni un caprice. Il exprimait une inquiétude profonde : celle d'une Europe de plus en plus éloignée des peuples, de décisions prises loin des citoyens et d'un affaiblissement progressif des souverainetés nationales.
Vingt et un ans plus tard, beaucoup de ceux qui avaient voté « non » considèrent que leurs craintes se sont confirmées. Centralisation croissante des décisions, sentiment d'impuissance démocratique, concurrence économique exacerbée, difficulté à maîtriser les frontières ou à protéger certains secteurs stratégiques : autant de sujets qui nourrissent aujourd'hui encore le débat public.
Au-delà des divergences d'analyse, une question demeure : comment ignorer qu'une majorité de Français s'était exprimée clairement ? Lorsque le traité de Lisbonne fut adopté quelques années plus tard par la voie parlementaire, beaucoup y virent la preuve que leur choix avait été contourné plutôt que respecté.
Le référendum de 2005 reste ainsi un moment majeur de notre histoire démocratique. Non parce qu'il aurait apporté toutes les réponses, mais parce qu'il posait déjà des questions qui traversent encore notre époque : qui décide ? Au nom de qui ? Et jusqu'où les peuples peuvent-ils encore peser sur leur destin ?
Vingt et un ans après, une évidence s'impose : le débat n'a jamais disparu. Il s'est au contraire amplifié au fil des crises économiques, migratoires, sanitaires et géopolitiques. Que l'on ait voté « oui » ou « non » à l'époque, il est difficile de contester qu'une part importante des Français estime aujourd'hui ne plus avoir suffisamment son mot à dire sur les orientations fondamentales de l'Union européenne.
Dans une démocratie, lorsqu'une question aussi essentielle continue de diviser, de mobiliser et d'interroger, la réponse ne peut être le silence. Redonner la parole au peuple n'est pas une menace pour la démocratie ; c'en est l'expression la plus directe.
C'est pourquoi je fais de ce référendum un engagement majeur de mon projet présidentiel. Je prends l'engagement de rendre aux Français la parole qui leur appartient et de les consulter directement sur l'avenir de notre relation avec l'Union européenne.
Vingt et un ans après le 29 mai 2005, il est temps de reposer la question aux Français. Non pour rejouer le passé, mais pour éclairer l'avenir. Il est temps de leur permettre de choisir, librement et souverainement, la place qu'ils souhaitent pour la France dans l'Europe de demain.