Je viens de France ...

Publié le 30 mai 2026 à 14:00

Depuis quelques années, beaucoup de responsables politiques revendiquent une proximité avec « le peuple ». Ils expliquent qu'ils comprennent la France réelle, la France qui travaille, la France des oubliés.Je me méfie toujours de ceux qui parlent beaucoup du peuple mais l'ont finalement peu fréquenté en dehors des réunions militantes, des plateaux de télévision ou des institutions politiques.

Je fais de la politique depuis plus de vingt-cinq ans. En 2000, avec Thierry Choffat, nous avons fondé France Bonapartiste afin de faire vivre une tradition politique souvent caricaturée mais profondément ancrée dans l'histoire nationale : celle de la souveraineté populaire, du mérite, de l'autorité de l'État et du progrès social. Puis, en 2021, nous avons relancé L'Appel au Peuple pour poursuivre ce combat.

Mais avant la politique, il y a eu la vie. À 18 ans, je me suis engagé volontaire dans les Troupes de marine. J'ai servi la France en opérations extérieures. J'y ai appris le sens de l'engagement, du sacrifice, de la fraternité et de la responsabilité.

Puis j'ai rejoint le monde du travail.J'ai connu le salaire minimum, les horaires en 3×8, les réveils au milieu de la nuit, les semaines qui n'en finissent pas et les fins de mois où chaque euro compte. J'ai ensuite gravi les échelons jusqu'à devenir agent de maîtrise. J'ai encadré des équipes, géré des contraintes humaines et économiques, affronté les réalités concrètes du terrain.

Aujourd'hui, je suis entrepreneur dans la formation des adultes. Chaque jour, je rencontre des salariés, des demandeurs d'emploi, des personnes en reconversion, des femmes et des hommes qui cherchent simplement à vivre dignement de leur travail et à construire un avenir meilleur.

Voilà ce que j'appelle connaître le peuple.

Le peuple, ce n'est pas un concept. C'est le militaire qui part en mission loin des siens.C'est l'ouvrier qui prend son poste quand d'autres dorment encore. C'est le chef d'équipe qui doit résoudre les problèmes sans disposer de tous les moyens nécessaires. C'est l'artisan qui lutte contre les charges. C'est le retraité qui compte ses dépenses. C'est l'entrepreneur qui prend des risques.

Alors oui, on peut prétendre aux plus hautes responsabilités sans avoir fréquenté les grandes écoles, la France ne doit pas être une oligarchie de diplômés mais il existe une autre forme d'exigence : celle de l'expérience réelle.

L'expérience du commandement.

L'expérience du travail.

L'expérience de l'effort.

L'expérience du risque.

L'expérience du pays tel qu'il est réellement.

Ce qui me préoccupe aujourd'hui, ce n'est pas qu'un responsable politique n'ait pas fait l'ENA, c'est lorsque certains veulent incarner la France populaire alors qu'ils ont effectué l'essentiel de leur parcours à l'intérieur d'un appareil politique.

La politique est un engagement noble lorsqu'elle est au service du pays. Elle devient dangereuse lorsqu'elle se transforme en métier déconnecté de la réalité vécue par les Français.

Le mérite ne consiste pas à gravir les échelons d'un parti, le mérite consiste à avoir servi, travaillé, assumé des responsabilités et affronté le réel parce qu'avant de parler au nom du peuple, encore faut-il avoir vécu avec lui.