Moïse Kouamé

Publié le 2 juin 2026 à 18:30

Le parcours de Moïse Kouamé à Roland-Garros est une excellente nouvelle pour le tennis français. À seulement 16 ans, ce jeune joueur montre déjà des qualités exceptionnelles et laisse entrevoir un avenir prometteur. Comme beaucoup de Français, je me réjouis de voir émerger un tel talent sous les couleurs de notre pays.

Pourtant, à mesure que sa notoriété grandit, les commentaires habituels réapparaissent. Toujours les mêmes sous-entendus, toujours les mêmes obsessions identitaires. Parce qu'il est noir, certains trouvent naturel de s'interroger sur sa francité. Cette réaction est absurde, Moïse Kouamé est Français. Pas "Français d'origine étrangère", pas "Français mais", Français tout simplement.

Ce qui est frappant, c'est que les mêmes qui prétendent combattre les discriminations contribuent souvent à les entretenir. À droite comme à gauche, certains veulent assigner les individus à leurs origines, à leur couleur de peau ou à leur communauté réelle ou supposée. Les uns pour expliquer qu'ils ne seraient jamais vraiment Français, les autres pour leur rappeler sans cesse qu'ils seraient d'abord noirs, arabes, asiatiques ou issus de l'immigration avant d'être citoyens français.

Je refuse cette logique des deux côtés.

La nationalité n'est pas une question de race, elle n'est pas une question de religion, elle n'est pas une affaire de génétique. La France n'est pas une ethnie, elle est une nation.

Ce qui fait un Français, c'est le droit, c'est l'appartenance à une communauté politique. C'est l'acceptation d'un héritage, d'une langue, d'une histoire et de règles communes. C'est le respect de la République, de ses institutions et de ses symboles.

À l'inverse, la couleur de peau ne dit rien. Absolument rien. Un Français noir est aussi Français qu'un Français blanc, un Français catholique n'est pas plus Français qu'un Français musulman, juif, athée ou agnostique. Dès lors que la loi reconnaît la nationalité et que les principes communs sont respectés, le débat devrait être clos.

C'est pourquoi les remarques du type : « Il est noir, donc il n'est pas vraiment Français » sont non seulement stupides, mais profondément contraires à l'idée française elle-même.

La France a toujours été plus forte lorsqu'elle a su rassembler des citoyens autour d'un destin commun plutôt que les enfermer dans leurs origines. Ceux qui veulent aujourd'hui racialiser l'identité nationale, quelle que soit leur famille politique, tournent le dos à cette tradition.

Alors oui, félicitations à Moïse Kouamé pour son parcours à Roland-Garros. Et surtout, cessons enfin de regarder la couleur de peau avant de regarder le drapeau qu'un sportif représente, la langue qu'il parle et le pays qu'il porte. Parce qu'à force de voir des couleurs partout, certains finissent par ne plus voir la France.