Protéger nos enfants : l'autorité de l'État ne doit plus reculer

Publié le 9 juin 2026 à 10:00

Il est des combats qui devraient dépasser les clivages politiques. La protection de l'enfance est de ceux-là. Pourtant, depuis des années, notre pays donne trop souvent le sentiment de réagir après les drames au lieu de les prévenir. Face aux violences sexuelles commises contre les mineurs, face à la diffusion de contenus pédopornographiques et face aux défaillances des contrôles dans certains secteurs accueillant des enfants, il est temps d'assumer une ligne de fermeté claire.

Je refuse que l'on considère ces sujets comme de simples faits divers. Derrière chaque enfant victime, il y a une vie brisée, une famille détruite et une confiance durablement abîmée. La première mission de l'État est d'assurer la sécurité des citoyens. Lorsqu'il s'agit des plus jeunes, cette responsabilité doit être absolue.

C'est pourquoi je défends une politique pénale beaucoup plus rigoureuse à l'égard des auteurs d'infractions sexuelles visant les mineurs. La détention d'images pédopornographiques ne peut plus être regardée comme une infraction secondaire. Chaque fichier, chaque photo, chaque vidéo représente l'exploitation réelle d'un enfant. Consommer ces contenus, c'est participer à un système criminel qui prospère sur la souffrance des victimes. Les peines encourues doivent refléter cette réalité.

Je considère également que les auteurs de crimes sexuels commis contre des enfants doivent faire l'objet de mesures de sûreté renforcées. La prison doit sanctionner, protéger la société et prévenir la récidive. Dans cette logique, la castration chimique obligatoire doit être sérieusement envisagée comme outil complémentaire de protection, aux côtés d'un suivi médical et judiciaire strict.

Mais la réponse ne peut pas être uniquement répressive. Elle doit aussi être préventive.Nous devons instaurer un véritable statut de confiance pour toutes les personnes travaillant au contact des enfants dans le périscolaire.

Aujourd'hui, les contrôles existent mais demeurent dispersés et parfois insuffisants. Je propose la création d'une carte professionnelle nationale obligatoire pour tous les salariés du périscolaire.

Cette carte ne serait pas une simple formalité administrative. Son obtention serait conditionnée à plusieurs exigences : vérification du casier judiciaire, enquête administrative approfondie et contrôle de l'aptitude à exercer auprès de mineurs. Elle devrait être renouvelée obligatoirement tous les trois ans afin de garantir un suivi régulier et une mise à jour systématique des vérifications.

De la même manière, toute personne condamnée pour des infractions sexuelles sur mineurs devrait être frappée d'une interdiction définitive d'exercer une profession ou une activité bénévole impliquant un contact avec des enfants. La protection des mineurs doit primer sur toute autre considération.

Cette démarche n'a rien d'une remise en cause des milliers de professionnels engagés qui travaillent chaque jour avec sérieux et dévouement auprès de nos enfants. Au contraire, elle permettrait de valoriser leur mission en renforçant la confiance des familles dans les structures qui accueillent leurs enfants.

Je ne prétends pas que ces mesures constituent à elles seules une réponse complète aux défis de notre époque. Elles s'inscrivent dans une vision plus large, celle d'un État qui assume pleinement sa mission de protection.

Cette exigence concerne autant la lutte contre les violences sexuelles commises sur les mineurs que le combat contre toutes les violences faites aux femmes, qu'elles soient conjugales ou dans la vie de tous les jours. Elle concerne également la lutte contre toutes les formes de maltraitance envers les enfants, qu'elles soient physiques, psychologiques ou éducatives.

Trop souvent, notre société intervient après le drame, je crois au contraire que la puissance publique doit retrouver une logique de prévention, d'autorité et de protection. Défendre l'enfance, protéger les femmes victimes de violences et garantir la sécurité des plus vulnérables relèvent d'un même impératif, celui d'une République qui ne détourne jamais le regard lorsque l'intégrité d'un être humain est menacée.

La question est simple : de quel côté voulons-nous être ? Du côté d'une société qui multiplie les procédures après les drames, ou du côté d'un État qui assume pleinement sa mission de protection ?

Pendant trop longtemps, la puissance publique a hésité entre prévention, précaution et peur d'être accusée d'excès de fermeté. Je crois que les Français sont prêts à entendre un discours de responsabilité et d'autorité. Lorsqu'il s'agit de l'enfance, le doute doit toujours profiter à la sécurité.

Une nation forte n'est pas celle qui protège d'abord les sensibilités des adultes. C'est celle qui protège sans faiblesse ses enfants. Parce qu'ils sont notre avenir, leur sécurité doit redevenir une priorité politique de premier ordre.