Le débat sur la TVA sociale est souvent enfermé dans une opposition caricaturale. Pour certains à gauche, toute évolution du financement de notre modèle social serait forcément une attaque contre les classes populaires. Pour une partie de la droite et du patronat, la réponse serait simplement d’augmenter la TVA pour tous les Français.
Je ne partage aucune de ces deux visions.
La question n’est pas de taxer davantage les Français qui travaillent, consomment et font vivre notre économie. La question est de rétablir une concurrence équitable entre ceux qui produisent en France et ceux qui vendent sur notre marché.
C’est pourquoi je défends le principe d’une ""TVA Sociale Souveraine"", fondée sur la réciprocité.
Elle ne doit pas concerner indistinctement tous les produits importés. Il serait absurde de pénaliser des biens que nous ne produisons pas ou que nous ne sommes pas capables de produire dans des conditions raisonnables. La France a toujours eu besoin d’échanges internationaux.
En revanche, lorsque des produits importés concurrencent directement nos productions nationales, avec des écarts considérables de normes sociales, environnementales ou salariales, il est légitime de rétablir un équilibre.
Un produit fabriqué en France ne doit pas être désavantagé sur son propre marché. Une contribution additionnelle modulée pourrait alors s’appliquer aux importations concernées.
Mais cette logique doit aller de pair avec une véritable diplomatie commerciale : avec nos partenaires, nous devons négocier des accords fondés sur la réciprocité. Si un pays veut vendre ses produits en France, la France doit pouvoir vendre les siens dans les mêmes conditions. Les droits de douane ne doivent pas être un outil de fermeture, mais un outil de négociation et d’équilibre.
Notre objectif n’est pas de nous couper du monde. Notre objectif est de sortir de la naïveté.
Le libre-échange ne peut fonctionner que s’il est équilibré. Une nation souveraine doit pouvoir protéger ses secteurs stratégiques, défendre ses emplois et garantir que ceux qui bénéficient de son marché respectent un principe simple : la réciprocité.
La TVA Sociale Souveraine, c’est donc moins une taxe qu’un principe : ne plus demander toujours davantage d’efforts à ceux qui produisent en France, tout en laissant entrer sans conditions des productions qui fragilisent notre économie.