Ils sont nombreux à réclamer la démission d'Emmanuel Macron. Mais pour quoi faire ? Et surtout, pour mettre qui à sa place ?
Regardons la réalité en face. En l'état actuel des rapports de force, une présidentielle anticipée pourrait nous conduire à un duel Mélenchon–Le Pen, dans un climat de tensions extrêmes, avec le risque de nouveaux affrontements dans nos rues.
Alors, certains me parleront d'une troisième voie. Mais laquelle ?
Celle du centre droit ou du centre gauche, qui appliquent peu ou prou les mêmes recettes depuis trente ou quarante ans ?
Celle d'un libéralisme économique porté par Bruno Retailleau ou David Lisnard ? Je n'y crois pas.
Celle de Natacha Polony ? Cela surprendra peut-être certains, mais je n'y crois pas davantage. Je crains que cette candidature, malgré son discours souverainiste, ne finisse par être récupérée par une gauche molle, incapable de rompre véritablement avec les politiques du passé.
Quant aux candidatures souverainistes, celle de Nicolas Dupont-Aignan notamment, les rapports de force actuels ne permettent guère d'envisager leur présence au second tour.
Quant à ma propre candidature, je mesure parfaitement les difficultés qui nous attendent. Mais je reste convaincu qu'une autre voie politique existe, fondée sur la souveraineté nationale, l'autorité juste, le progrès social et le rassemblement des Français. C'est cette voie que je défends et que je continuerai à porter avec détermination. Être lucide sur les obstacles ne signifie pas renoncer à ses convictions ni à ses ambitions pour la France.
Alors, que faire ?
Laisser Emmanuel Macron poursuivre sa politique jusqu'en 2027, au risque de perdre encore de précieux mois ? Ou précipiter une présidentielle dans un pays profondément fracturé ?
Il existe peut-être une autre solution, que le président de la République prenne enfin la mesure de la situation et ose nommer un Premier ministre de véritable rassemblement. Pourquoi pas une personnalité issue de la société civile ? Pourquoi pas une ancienne grande figure de nos armées, ayant le sens de l'État, de l'autorité et du service de la Nation ?
Non pas pour constituer un gouvernement militaire, mais pour diriger un gouvernement de rassemblement, d'autorité républicaine et de sauvegarde nationale, avec une mission claire : rétablir l'ordre dans le respect de nos institutions, répondre aux urgences économiques et sociales, protéger nos entreprises et nos emplois, et conduire sereinement le pays jusqu'à l'élection présidentielle de 2027.
Un gouvernement qui ne chercherait pas à imposer une nouvelle idéologie, mais à sauver ce qui peut encore l'être et à préparer l'avenir.
Est-ce possible ? Je l'ignore. Cela supposerait aussi de trouver un minimum de soutien à l'Assemblée nationale.
Mais une chose est certaine, la France ne peut plus se permettre des mois d'immobilisme, pas davantage qu'une nouvelle crise institutionnelle.
Il ne s'agit pas de sauver Emmanuel Macron ou son quinquennat. Il s'agit de préserver la France, ses institutions et les conditions d'un véritable choix démocratique en 2027.