Référendum !

Publié le 16 juin 2026 à 09:00

Avant tout, il faut regarder la réalité en face. Le dernier référendum national organisé en France remonte à 2005. Il y a plus de vingt ans. À l'époque, les Français avaient été appelés à se prononcer sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Ils avaient répondu non, à près de 55 %. Pourtant, quelques années plus tard, beaucoup ont eu le sentiment que ce choix avait été contourné par la ratification du traité de Lisbonne par la voie parlementaire.

Qu'on partage ou non cette analyse, une blessure démocratique est née de cet épisode. Une conviction s'est installée chez nombre de nos compatriotes : sur les sujets les plus importants, leur voix peut être ignorée. C'est cette fracture qu'il faut réparer.

Je ne propose pas une révolution. Je propose de redonner la parole au peuple français.

Le premier référendum porterait sur une question que la classe politique évite depuis trop longtemps : la place de la France dans l'Union européenne et les conséquences qu'elle implique sur notre souveraineté. Appelons les choses par leur nom : derrière cette consultation se poserait la question du maintien dans le cadre actuel de l'Union européenne ou du choix d'une autre voie. En d'autres termes, ce serait, de fait, un référendum sur le Frexit.

Je ne prétends pas connaître à l'avance la réponse des Français. Je refuse précisément cette logique qui consiste à décider à leur place. Certains estiment que notre avenir passe par une intégration européenne plus poussée ; d'autres considèrent que la France doit retrouver sa pleine liberté d'action. Ce débat existe dans le pays. Il mérite d'être tranché démocratiquement.

Quelle que soit l'issue du vote, elle devra être respectée.

Le deuxième référendum viserait à réconcilier les Français avec leurs institutions. Il proposerait d'élargir le recours au référendum afin que le président de la République puisse consulter directement le peuple sur les grandes orientations nationales, y compris certaines questions sociétales qui engagent profondément notre modèle de société.

Je proposerais également que les décisions adoptées par référendum ne puissent plus être remises en cause par le Parlement sans un nouveau vote populaire. Lorsqu'un peuple s'exprime directement, sa décision doit avoir une valeur particulière. Le dernier mot doit revenir à ceux qui détiennent la souveraineté : les citoyens.

Dans le même esprit, toutes les décisions touchant à la souveraineté nationale devraient être ratifiées par référendum. Parce qu'il n'existe aucune décision plus importante que celle qui consiste à transférer, limiter ou restaurer l'exercice de la volonté nationale.Enfin, un troisième référendum porterait sur le fonctionnement de notre République.

Depuis quarante ans, la France a accumulé les strates administratives, multiplié les centres de décision et éloigné le citoyen des responsabilités publiques. La décentralisation a parfois apporté de la souplesse ; elle a aussi créé de la confusion. Beaucoup de Français ne savent plus qui décide de quoi, il est temps d'ouvrir un débat serein sur la nécessité d'un État plus lisible et plus efficace.

Je propose donc que les Français se prononcent sur l'arrêt du processus de décentralisation, sur la fusion du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental afin de simplifier nos institutions, ainsi que sur une réduction du nombre de députés et de sénateurs. Non par défiance à l'égard des élus, mais parce que la représentation nationale doit être exemplaire, efficace et comprise de tous.

Je sais que ces propositions feront débat. Elles susciteront des inquiétudes, des oppositions, parfois des caricatures. On parlera de risque, d'aventure, d'inconnu mais qu'y a-t-il de plus risqué pour une démocratie que de demander sans cesse aux citoyens de patienter, de déléguer et de se taire sur les choix qui engagent leur destin collectif ?

Le peuple français n'est ni immature ni incapable. Il n'a pas peur du débat. Il demande simplement qu'on le respecte.

Depuis 2005, aucune grande consultation nationale n'a permis aux Français de se prononcer directement sur l'avenir de leur pays. Plus de vingt ans sans référendum, ce silence démocratique a nourri la défiance. Il est temps d'y mettre fin.

Faire confiance au peuple n'est pas un saut dans le vide. C'est revenir à la source même de notre République : le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Au fond, la question n'est pas de savoir si les Français voteront « oui » ou « non ». La véritable question est de savoir si nous acceptons encore qu'ils aient le droit de choisir.

Moi, je fais ce pari. Le pari de la confiance, le pari de la responsabilité, le pari de la souveraineté populaire. Parce qu'une Nation qui n'ose plus consulter son peuple finit toujours par s'éloigner de lui. Et parce qu'il n'y a pas de démocratie vivante sans un peuple libre de décider de son propre destin.