Réponses aux questions de Philippe Juvin

Publié le 11 juillet 2026 à 20:30

Sur LCI, Philippe Juvin ( rapporteur général du budget) a annoncé vouloir poser aux candidats à l'élection présidentielle des "questions simples". J'ai décidé de prendre et le devant et de répondre dès à présent à ses interrogations ...

 

  1. Quel sera votre plan de rétablissement des finances publiques durant votre mandat ?

Mon objectif est de rétablir durablement les finances publiques, non par une politique d'austérité aveugle mais par une réforme profonde de l'État et le retour de la croissance.

Je fais une distinction essentielle entre les dépenses de fonctionnement et les dépenses d'investissement. Emprunter pour financer la réindustrialisation, les infrastructures, l'énergie, la recherche, l'innovation, la défense ou les grands projets nationaux est un investissement qui prépare la prospérité de demain. En revanche, financer durablement les dépenses courantes par la dette revient à reporter sur nos enfants le coût de notre incapacité à réformer l'État.

Le redressement des comptes publics reposera donc sur trois piliers : une administration plus efficace, une économie plus productive et une France qui retrouve sa souveraineté industrielle, énergétique et technologique.

 

  1. Quelle sera votre méthode ?

Ma méthode sera simple : demander d'abord des efforts à l'État avant d'en demander aux Français.

Dès le début du mandat, un audit général des politiques publiques sera engagé afin d'évaluer l'utilité réelle de chaque dépense, de chaque organisme et de chaque politique publique.

Nous moderniserons l'administration grâce à la simplification des procédures, à la mutualisation de certains services, à la numérisation et à l'utilisation raisonnée de l'intelligence artificielle pour les tâches répétitives. Les gains de productivité ainsi obtenus permettront, au cas par cas, d'adapter les effectifs administratifs et de redéployer les moyens vers les missions essentielles de l'État : la sécurité, la justice, la défense, l'éducation, la santé, la recherche et l'accompagnement des citoyens.

L'objectif n'est pas d'avoir moins d'État, mais un État plus fort, plus efficace et plus stratégique.

 

  1. Augmenterez-vous les recettes (les taxes et impôts) ? Lesquelles et de combien ?

Je n'ai pas l'intention d'augmenter la pression fiscale pesant sur les Français ni sur les entreprises qui produisent et investissent dans notre pays.

Les recettes supplémentaires proviendront d'abord de la croissance retrouvée, de la réindustrialisation, du plein emploi et d'une lutte déterminée contre la fraude fiscale comme contre la fraude sociale.

Je souhaite également réorienter notre fiscalité afin qu'elle pèse moins sur le travail et davantage sur les produits importés qui ne respectent pas toujours les mêmes exigences sociales, environnementales ou fiscales que celles imposées à nos producteurs.

Si les Français décident de rendre à la France sa pleine souveraineté en matière commerciale et fiscale, je proposerai la mise en place d'une TVA sociale, ou d'un mécanisme équivalent aux frontières, afin que les importations contribuent elles aussi au financement de notre modèle social.

La meilleure politique fiscale reste toutefois une économie qui produit davantage, exporte davantage et crée davantage d'emplois.

 

  1. Baisserez-vous les dépenses ? Lesquelles ?

Oui. Les économies porteront d'abord sur le fonctionnement de l'État.

Je proposerai notamment :

  • la suppression du Conseil économique, social et environnemental ;
  • la suppression ou la fusion de nombreuses agences, comités, hauts conseils et organismes consultatifs dont l'utilité n'est plus démontrée ;
  • une simplification profonde du millefeuille territorial, avec une remise à plat des compétences des régions, des intercommunalités et des autres niveaux administratifs afin de supprimer les doublons ;
  • une réduction du nombre d'élus lorsque celle-ci permettra d'améliorer l'efficacité de nos institutions ;
  • une mutualisation accrue des fonctions administratives entre services de l'État et collectivités ;
  • une révision des subventions et dispositifs publics dont l'efficacité n'est pas démontrée ;
  • une réorientation de l'aide publique au développement vers les seuls États et projets répondant aux intérêts stratégiques de la France ou à des impératifs humanitaires clairement identifiés ;
  • une réforme de l'aide médicale de l'État afin d'en préserver la vocation humanitaire tout en en maîtrisant le coût et en prévenant les abus.

En revanche, je préserverai et renforcerai les investissements dans la défense, la justice, la sécurité, l'éducation, la recherche, l'industrie, les infrastructures, l'énergie et la souveraineté technologique.

 

  1. Combien et comment ?

Les économies ne seront pas réalisées par des coupes budgétaires uniformes mais par une réforme structurelle de l'État.

Chaque politique publique sera évaluée selon son efficacité réelle. Les dépenses sans utilité démontrée seront supprimées ou réorientées. Les gains de productivité issus de la modernisation administrative, de la mutualisation des services, de la simplification des procédures et de l'intelligence artificielle permettront de réduire durablement les coûts de fonctionnement tout en améliorant le service rendu aux citoyens.

Concernant les retraites, je privilégierai une logique fondée sur la durée de cotisation plutôt que sur un âge légal uniforme. Le principe de la retraite par répartition sera maintenu car il constitue un pilier de la solidarité nationale, même si je ne m’interdit pas le débat sur une dose de capitalisation. Son équilibre reposera d'abord sur une économie plus forte, davantage d'actifs en emploi et une politique favorable à la création de richesse.

Ma conviction est simple : nous ne devons pas rechercher l'équilibre budgétaire pour lui-même mais bâtir des finances publiques durables. Une dette qui finance des investissements productifs est un choix d'avenir ; une dette qui finance le fonctionnement courant de l'État est une impasse.

La France n'a pas besoin d'un État plus petit ; elle a besoin d'un État plus fort. Un État qui dépense moins pour lui-même et davantage pour préparer l'avenir. C'est en réformant l'État, en retrouvant notre souveraineté économique et en libérant les forces de production que nous rétablirons durablement nos finances publiques et la puissance de notre pays.