Saint-Denis ne doit pas devenir le théâtre d’une guerre des mémoires

Publié le 15 juillet 2026 à 16:00

Les propos du maire de Saint-Denis appelant à voir dans la profanation des tombeaux royaux de la basilique un « geste politique fort » et à prolonger indéfiniment la logique révolutionnaire appellent une ferme mise au point.

La France n’est pas née d’une haine de son histoire. Elle n’est pas devenue une Nation en détruisant ce qu’elle avait été mais en transformant son héritage pour construire un destin commun. La République française n’est pas l’héritière d’une vengeance permanente contre les siècles passés, elle est l’expression d’une continuité nationale, d’une volonté collective et d’une souveraineté populaire.

La basilique de Saint-Denis n’est pas le symbole d’une caste à abattre. Elle est un sanctuaire de notre mémoire nationale, le lieu où reposent les reines et les rois qui ont façonné près de quinze siècles d’histoire de France. Qu’on soit monarchiste, républicain, gaulliste, bonapartiste ou simplement attaché à la Nation, on ne peut accepter qu’un patrimoine appartenant à tous les Français soit réduit à l’image d’un affrontement entre « puissants » et « peuple ».

La Révolution française fait partie de notre histoire. Elle a porté des principes essentiels, parmi lesquels l’égalité devant la loi et la souveraineté nationale. Mais la France ne peut être enfermée dans le seul récit de 1793, celui des violences, des destructions et des ruptures. Une Nation adulte regarde toute son histoire en face, ses grandeurs comme ses tragédies.

La grandeur de la République n’est pas de profaner les tombes des anciens pouvoirs. Elle est de savoir dépasser les conflits du passé pour rassembler les Français autour d’un avenir commun. C’est précisément ce qu’incarne la tradition gaullo-bonapartiste, refuser les divisions artificielles, placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des querelles idéologiques et considérer que la France est une histoire continue qui dépasse les appartenances partisanes.

Saint-Denis est une ville de France, pas le laboratoire d’une lecture révolutionnaire permanente. Elle est riche de son passé royal, de son histoire ouvrière, de sa diversité humaine et de son rôle dans le destin national. Elle mérite mieux qu’une opposition caricaturale entre « peuple » et « héritage », entre « dominés » et « puissants ».

La France n’a pas besoin de nouveaux procès faits à son histoire. Elle a besoin de retrouver le sens de ce qui unit, c'est à dire l’autorité de l’État, la transmission, la souveraineté nationale et la fierté d’appartenir à une même communauté de destin.

La République n’est pas la négation de la France, elle est la forme politique par laquelle la France continue d’exister. C’est cette France là qu’il faut défendre une. Une France qui respecte ses morts, protège son patrimoine, assume toute son histoire et avance rassemblée vers l’avenir et non le fantasme d'une nouvelle France qui ne vivrait que pour et par la division, la repentance permanente et l'abandon de son histoire.