Réparer la France : retrouver la liberté de décider

Publié le 19 juillet 2026 à 17:00

La France n’est pas un pays comme les autres. Elle est davantage qu’un territoire délimité par des frontières. Elle est une histoire, une civilisation, une idée. Depuis des siècles, elle porte une ambition singulière : permettre à un peuple libre de choisir son destin et de transmettre
cette liberté aux générations suivantes.

Cette vocation n’est pas née d’hier. Elle s’est construite au fil du temps, à travers les grandes étapes de notre histoire. La France a contribué à faire rayonner les Lumières, à proclamer les droits de l’homme et à diffuser un idéal fondé sur la raison, l’émancipation et le progrès. Elle a offert au monde le système métrique, participé aux grandes révolutions scientifiques et Industrielles, ouvert la voie dans de nombreux domaines de l’innovation, de la recherche et de la création.

Notre pays n’a jamais trouvé sa grandeur dans l’imitation. Il l’a trouvée dans sa capacité à innover, à prendre des risques et à proposer une vision. La France a toujours été forte lorsqu’elle croyait en elle-même et lorsqu’elle assumait pleinement sa liberté d’action. Pourtant, force est de constater qu’aujourd’hui cette confiance s’est affaiblie. Notre pays doute davantage de ses capacités. Dans de nombreux domaines, les marges de décision nationales se sont réduites. Des choix qui engagent directement l’avenir des Français sont désormais encadrés, limités ou conditionnés par des institutions supranationales éloignées du contrôle démocratique direct des citoyens. Cette évolution nourrit un sentiment croissant de
dépossession et d’impuissance.

La question mérite d’être posée sans caricature ni esprit partisan : une nation peut-elle demeurer pleinement souveraine lorsqu’elle ne maîtrise plus l’ensemble de ses choix fondamentaux ? Peut-elle préserver efficacement ses intérêts économiques, industriels et stratégiques lorsque les principaux leviers de décision lui échappent ? Peut-elle préparer sereinement son avenir si elle ne dispose plus de toutes les capacités nécessaires pour agir ?

Ces interrogations dépassent les clivages traditionnels. Elles concernent la capacité de la France à demeurer un acteur de son histoire plutôt qu’un simple spectateur des transformations du monde. Il faut désormais avoir le courage de regarder les choses telles qu’elles sont.

Depuis plusieurs décennies, des compétences essentielles ont été transférées à l’Union européenne. La politique commerciale, une grande partie des règles économiques, le droit de la concurrence, de nombreuses normes industrielles, agricoles ou environnementales ainsi qu’une part importante de notre cadre réglementaire ne relèvent plus exclusivement de la décision nationale. Cette situation n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de choix politiques successifs qui ont progressivement réduit la capacité de la France à décider seule de son avenir.

Dès lors, une question fondamentale se pose : comment restaurer pleinement la souveraineté nationale sans remettre en cause le cadre institutionnel qui en limite aujourd’hui l’exercice ?

Pour ma part, je considère que la France ne pourra retrouver sa pleine liberté politique, économique et démocratique qu’en recouvrant l’intégralité de sa souveraineté. Cela implique d’ouvrir un débat national clair, honnête et démocratique sur notre appartenance à l’Union
européenne et sur les conséquences qu’elle entraîne pour notre capacité à décider librement.

Je crois que le moment est venu d’envisager sereinement une sortie de l’Union européenne afin de redonner au peuple français la maîtrise complète de ses lois, de ses choix économiques, de sa politique industrielle, de ses frontières et de ses orientations stratégiques.

Quitter l’Union européenne ne signifie pas quitter l’Europe. L’Europe est une réalité géographique, historique et culturelle qui nous unit à nos voisins. Elle existera toujours. Mais l’Union européenne est une construction politique parmi d’autres. La remettre en question ne signifie ni renoncer à la coopération entre les nations européennes, ni tourner le dos au monde. Au contraire, une France souveraine pourrait continuer à travailler avec ses partenaires européens dans le cadre d’accords librement consentis, fondés sur le respect mutuel des
nations et de leurs choix démocratiques.

Réparer la France ne signifie pas céder à la nostalgie ni se replier sur soi-même. Il ne s’agit pas de reconstruire le passé mais de préparer l’avenir. Il s’agit de retrouver la capacité de décider, de rendre aux citoyens le sentiment que leur voix compte réellement et que les choix collectifs demeurent entre leurs mains.

Cette ambition suppose de restaurer une démocratie où la volonté populaire retrouve toute sa place. Elle implique également de redonner à l’État les moyens de défendre les intérêts stratégiques du pays, de reconstruire une ambition industrielle, de soutenir l’innovation, de protéger les savoir-faire et de préparer les grandes transformations de demain. Car l’histoire enseigne une leçon simple : lorsqu’une nation cesse de décider, elle finit par subir. Et lorsqu’elle s’habitue à subir, elle s’expose progressivement au déclin.

Je refuse cette perspective. Je refuse de croire que le pays qui a tant apporté au monde serait condamné à l’impuissance. Je refuse de croire que le peuple français devrait renoncer à son rôle, à son identité ou à sa capacité d’action.

Nous sommes les héritiers d’une histoire exceptionnelle. Mais nous sommes surtout responsables de l’avenir que nous construirons. La France dispose encore d’atouts immenses : son talent, sa créativité, son intelligence, sa capacité d’innovation et son énergie collective.

Réparer la France, c’est permettre à ces forces de s’exprimer pleinement. C’est redonner à notre pays les moyens d’agir selon ses choix et ses intérêts. C’est faire en sorte que la souveraineté ne soit pas un slogan, mais une réalité démocratique au service des citoyens.

Parce que la France n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle est libre et parce qu’un peuple libre ne renonce jamais à son droit fondamental :

Celui de décider de son propre avenir.