La natalité se joue d’abord au premier enfant

Publié le 2 août 2026 à 16:00

Au premier semestre 2026, moins de 314 000 enfants sont nés en France. La baisse atteint encore 1,1 % en un an. En 2025, notre pays avait déjà enregistré moins de 644 000 naissances, soit 24 % de moins qu’en 2010. L’indice de fécondité est désormais tombé à 1,56 enfant par femme, son niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Ce n’est plus une alerte passagère, mais une tendance historique. (Insee)

On ne répondra pas à cette situation par des slogans ou des injonctions. Un enfant ne se décrète pas. Pour avoir un enfant, il faut pouvoir se projeter : disposer d’un revenu stable, trouver un logement adapté, savoir comment l’enfant sera gardé et ne pas craindre que sa naissance compromette une carrière professionnelle.

Les causes de la baisse de la natalité sont multiples, y compris culturelles mais la puissance publique doit au moins empêcher que des femmes et des hommes renoncent à un enfant désiré par manque de sécurité matérielle. C’est pourquoi je veux concentrer en priorité notre politique familiale sur le premier enfant. Car sans premier enfant, il n’y en aura évidemment ni deuxième ni troisième. Or notre système continue de verser les allocations familiales seulement à partir du deuxième enfant, comme si une famille ne commençait réellement qu’à ce moment-là.

Je propose donc la création d’une véritable allocation familiale mensuelle dès le premier enfant, simple, lisible et sans condition de ressources. Cette nouvelle allocation de solidarité nationale sera réservée aux parents de nationalité française. J’assume ce choix  car une politique démographique nationale doit d’abord permettre à la France de préparer son propre avenir. Cette orientation devra être juridiquement sécurisée dans le cadre de notre réforme constitutionnelle et de la reconquête de notre souveraineté face aux règles européennes actuelles d’égalité de traitement applicables aux prestations familiales.

Cette allocation devra être accompagnée d’un « prêt première famille » à taux zéro, garanti par l’État, afin d’aider les futurs parents à louer, acheter ou aménager un logement adapté. Le logement est l’un des premiers obstacles à la naissance du premier enfant, particulièrement dans les grandes villes et pour les jeunes actifs.

Chaque famille devra également pouvoir disposer d’une solution de garde à proximité de son domicile ou de son travail à l’issue du congé de naissance. Cela suppose de créer des places en crèche, de soutenir les assistantes maternelles et de rendre aux communes et aux départements les moyens d’organiser une véritable politique de la petite enfance.

Les entreprises doivent également prendre leur part. Je veux encourager fortement la création de crèches d’entreprise et de crèches interentreprises, ainsi que la réservation de berceaux dans les structures existantes. Les grandes entreprises devront présenter un plan d’accueil de la petite enfance, tandis que les PME pourront mutualiser leurs moyens à l’échelle d’une zone d’activité, d’un bassin d’emploi ou avec les collectivités locales. Les aides fiscales existantes, qui peuvent couvrir 50 % des dépenses engagées pour créer une crèche ou réserver des places, devront être simplifiées et davantage orientées vers les petites et moyennes entreprises. (Service public)

Une crèche située près du lieu de travail permet de réduire les déplacements, de rassurer les parents et de faciliter la reprise d’activité. Elle constitue aussi un investissement pour l’entreprise, qui fidélise ses salariés, réduit l’absentéisme et améliore concrètement l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle.

Le congé lié au premier enfant devra parallèlement être mieux rémunéré et réellement partagé entre les deux parents. La naissance ne doit plus provoquer une chute brutale des revenus ni pénaliser durablement la carrière des femmes. Notre politique de réduction de la CSG sur les revenus du travail redonnera également aux jeunes actifs le pouvoir d’achat nécessaire pour construire leur vie familiale.

Enfin, soutenir la natalité impose de préserver les maternités, la pédiatrie, les écoles et les services publics de proximité. On ne peut pas demander aux Français de croire en l’avenir tout en fermant les services indispensables à la vie quotidienne des familles.

Je ne veux obliger personne à avoir des enfants. Je veux simplement que plus aucun Français ne renonce à un premier enfant désiré par peur du lendemain. Une politique familiale digne de ce nom ne commence pas au deuxième enfant. Elle commence bien avant le premier, en rendant de nouveau l’avenir possible.