Alliances, oui mais ...

Publié le 20 août 2026 à 18:00

Certains s'étonnent que je ne sois pas dans une logique d'alliance et de compromis systématique.

Si je suis sur cette ligne c'est pour une raison simple, L'Appel au Peuple, aujourd’hui, est encore dans une phase où il doit faire exister sa ligne propre. S’il commence trop tôt à gommer ses différences avec LR, le RN, l’UDR, DLF, Reconquête ou Nouvelle Énergie, pour ne parler que des mouvements de Droite, il risque de devenir illisible politiquement. Or notre intérêt est précisément de montrer que l'Appel au Peuple ne propose ni une droite libérale, ni une droite identitaire, ni un souverainisme de circonstance, mais une ligne bonapartiste structurée.

Le compromis peut avoir du sens plus tard, sur des mesures précises, des votes, des accords ponctuels ou éventuellement des responsabilités gouvernementales. Mais un compromis utile suppose d’abord que chacun sache ce qu’il refuse d’abandonner. Sinon, ce n’est plus un compromis, c’est une dilution.Dans son cas, certaines lignes semblent difficilement négociables : souveraineté nationale et populaire dont le référendum, État stratège, Participation, indépendance militaire, conception unitaire de la République, assimilation, refus d’un libéralisme économique intégral comme d’une politique uniquement centrée sur l’identité.

C’est ce qui explique que les rapprochements soient compliqués avec plusieurs familles de droite : avec Lisnard, le désaccord touche à la conception même de l’État ; avec l’UDR, au modèle économique et social ; avec Reconquête, au centre de gravité idéologique ; avec le RN, à plusieurs questions institutionnelles, sociales et migratoires ; avec LR, à la souveraineté et au rapport à l’Union européenne. Si j'osais, je dirais que DLF reste le cas le plus proche doctrinalement, mais là encore le problème n’est pas seulement programmatique, il y a aussi une question de confiance politique, de constance et de positionnement géopolitique.

Donc oui, il est normal pour moi qu’aujourd’hui l'Appel au Peuple soit davantage dans l’affirmation que dans le compromis. La seule limite serait de transformer cette indépendance en impossibilité absolue de discuter avec quiconque. Une ligne politique sérieuse doit savoir distinguer trois choses : ce qui est négociable, ce qui peut être aménagé, et ce qui ne l’est pas. C’est même probablement le meilleur positionnement à ce stade : ne pas rechercher le compromis pour exister, mais rester capable de compromis lorsqu’ils servent réellement les idées défendues.