Que Mark Carney ait dit toute la vérité, exagéré certains faits ou édulcoré la réalité devra être établi. S’il a menti, il devra naturellement en répondre. Mais la défense du français ne dépend ni d’un homme ni de la sincérité passagère d’un gouvernement.
La loi 96 garantit aux Québécois le droit de travailler, de consommer, d’être informés et de vivre en français. Elle peut être discutée ou améliorée, mais par les Québécois eux-mêmes. Elle ne doit être négociée ni à Washington ni dans le dos du Québec à Ottawa.
Lorsque les États-Unis qualifient les obligations linguistiques québécoises d’« obstacles au commerce », ils contestent un instrument essentiel à la survie du français en Amérique du Nord. Et si, demain, le gouvernement canadien devait lui-même céder, contourner ou affaiblir ces protections, alors la résistance devrait également s’exercer contre Ottawa.
Une résistance culturelle, démocratique et politique, dépassant les partis, les gouvernements et les frontières.
Notre solidarité ne doit d’ailleurs pas s’arrêter au Québec. Elle doit également s’étendre aux Acadiens ainsi qu’aux Créoles francophones de Louisiane. La France devrait renforcer les échanges scolaires et universitaires, soutenir les médias francophones et multiplier les partenariats culturels avec toutes les communautés françaises d’Amérique du Nord.
J’appelle les Français et les francophones du monde entier à se tenir aux côtés de ceux qui continuent à faire vivre notre langue. Le français n’est ni une gêne, ni un coût superflu, ni une variable d’ajustement commerciale.
Ni Washington ni Ottawa ne doivent décider de l’avenir du français en Amérique du Nord. Et si soutenir plus fortement les Québécois, les Acadiens, les Cajuns et les Créoles francophones doit emmerder Donald Trump, ce sera un heureux effet secondaire.