Le gouvernement annonce un plan d’urgence de plus d’un milliard d’euros pour soutenir nos agriculteurs face aux conséquences de la sécheresse. Cette aide était nécessaire, en effet quand des milliers d’exploitations sont menacées, l’État doit répondre présent mais ne nous trompons pas de débat . Un plan d’urgence ne constitue pas une stratégie agricole. Il permet de passer un cap difficile, mais il ne répond pas à la question essentielle, quelle place voulons-nous encore donner à notre agriculture dans la France de demain ?
Le remarquable travail publié par SouveraineTech avec "Les Greniers du monde", auquel ont contribué Sandrine Doppler et Bernard Ader, rappelle une évidence trop souvent oubliée, celle que la sécurité alimentaire est devenue un enjeu majeur de souveraineté. Les grandes puissances anticipent, stockent, sécurisent leurs approvisionnements. L’alimentation est devenue un élément de puissance.
La France, pourtant grande nation agricole, ne peut pas se contenter d’intervenir lorsque la crise éclate. Un pays peut avoir de l’argent pour acheter de la nourriture sur les marchés mondiaux mais s’il perd ses agriculteurs, ses élevages, ses filières de transformation et ses savoir-faire, il perd une partie de son indépendance. Nos paysans ne demandent pas à vivre éternellement sous perfusion d’aides publiques. Ils demandent à vivre dignement de leur travail.
Cela suppose des prix rémunérateurs, une protection contre les concurrences déloyales, une politique de l’eau ambitieuse, une transmission des exploitations et une véritable reconnaissance de l’agriculture comme secteur stratégique. Comme le rappelle l’approche développée autour de Souveraine Tech, la souveraineté ne se décrète pas, elle se construit. Elle se construit dans nos champs, dans nos industries, dans nos infrastructures et dans nos capacités de production. Un milliard d’euros peut sauver des exploitations aujourd’hui mais seule une vision de long terme permettra d’éviter que demain, nos « greniers » ne soient plus qu’un souvenir.
L’agriculture française n’est pas une charge. Elle est une condition de notre liberté.