Je remercie Olivier Guillard pour cette analyse lucide sur les cinq années de gouvernance talibane en Afghanistan.
Le constat est terrible : derrière le discours de stabilité affiché par le régime de Kaboul se cache une réalité d’oppression, d’obscurantisme et de négation des libertés fondamentales. L’exclusion des femmes de l’éducation, de la vie professionnelle et de l’espace public constitue une régression historique. Aucun pays ne peut prétendre préparer son avenir en privant une partie de sa population de ses droits les plus élémentaires.
La position de la France doit être claire : nous ne devons pas établir de relation politique normale avec un régime qui bafoue les principes universels des droits de l’Homme. Refuser la reconnaissance ou la complaisance envers les talibans ne signifie pas abandonner le peuple afghan. Au contraire, c’est rappeler que notre soutien va aux peuples, pas aux régimes qui les oppriment.
Cette ligne doit également s’appliquer à d’autres situations, notamment en Iran, nous devons avoir la même exigence, celle de ne jamais confondre un peuple et un pouvoir. Le peuple iranien, riche d’une histoire et d’une civilisation millénaires, ne se résume pas à son régime politique actuel. Soutenir les aspirations à la liberté des Iraniens ne signifie pas adopter une politique d’ingérence, mais affirmer que les droits fondamentaux ne peuvent être sacrifiés au nom de considérations géopolitiques.
La France doit retrouver une diplomatie indépendante, ferme et cohérente : dialoguer lorsque c’est nécessaire pour protéger ses intérêts et la paix, mais ne jamais légitimer l’inacceptable. La défense des droits de l’Homme ne doit pas être une arme utilisée à géométrie variable selon les circonstances ou les alliances.
Notre devoir est de tenir une ligne française : respecter les nations, défendre les peuples, préserver notre souveraineté et rester fidèle à une certaine idée de l’Homme et de sa dignité.