Toucher à l’épargne salariale, c’est oublier une idée profondément française, celle selon laquelle le travailleur ne doit pas être uniquement un exécutant mais un acteur du destin économique de la Nation. Cette idée, le général de Gaulle l’avait portée avec la Participation. Associer les salariés aux résultats de leur entreprise, faire en sorte que ceux qui contribuent à créer la richesse puissent aussi en devenir les bénéficiaires.
C’est une vision qui s’inscrit dans une longue tradition de progrès social français, celle qui refusait aussi bien la lutte des classes que la domination exclusive du capital. Napoléon III parlait déjà de l’extinction du paupérisme et de la nécessité de donner au peuple les moyens de son émancipation économique.
Aujourd’hui, certains veulent encore regarder l’épargne salariale comme une simple niche fiscale à raboter. C’est une erreur profonde. Le salarié qui perçoit immédiatement son intéressement ou sa participation est déjà imposé sur ces sommes. Celui qui choisit de les placer fait un choix de responsabilité, il prépare l’avenir, il se constitue un patrimoine et il participe au financement de l’économie française.
La réponse ne doit pas être de décourager l’épargne populaire, mais au contraire de l’encourager.
La France doit renouer avec une grande ambition, celle de permettre aux travailleurs de devenir progressivement propriétaires d’une part de la richesse qu’ils contribuent à créer. C’est cela, le bonapartisme social !
Dépasser l’affrontement stérile entre le capital et le travail ; unir l’entreprise, le salarié et la Nation autour d’un même objectif de prospérité. Une République qui prétend défendre le peuple ne doit pas taxer davantage ceux qui travaillent et qui construisent leur avenir. Elle doit leur donner les moyens de devenir les propriétaires de leur destin.