Une nouvelle fois, les Français risquent d’être mis à contribution.
Avec la baisse annoncée de certains remboursements par l’Assurance maladie, notamment dans le domaine dentaire, une partie de la dépense sera mécaniquement transférée vers les complémentaires santé. Et chacun sait ce que cela signifie, des mutuelles qui devront prendre davantage en charge, donc des cotisations qui risquent d’augmenter pour les assurés mais aussi des restes à charge plus élevés.
Au final, ce sont encore les classes moyennes et les foyers qui vivent avec des revenus modestes qui seront les premiers touchés. Car une hausse de quelques dizaines d’euros par mois sur une mutuelle n’a pas le même impact selon que l’on dispose de revenus confortables ou que l’on compte chaque dépense du quotidien.
On nous répondra qu’il existe le « 100 % Santé », les contrats responsables ou différents dispositifs d’accompagnement. Mais cela ne change pas une réalité simple : lorsque la prise en charge collective diminue, quelqu’un doit payer la différence.
Notre modèle de Sécurité sociale est un héritage précieux. Il doit être défendu, mais aussi géré avec responsabilité et exigence.
Avant de demander toujours davantage aux Français qui travaillent, cotisent et respectent les règles, l’État doit avoir le courage de s’attaquer aux dérives : lutte contre les fraudes, contrôle des dépenses indues, sanctions contre les abus, meilleure gestion des arrêts de travail injustifiés et évaluation rigoureuse de chaque dispositif.
La solidarité nationale ne peut fonctionner durablement que si elle repose sur un principe d’équité : ceux qui contribuent doivent avoir le sentiment que l’argent public est utilisé avec sérieux.
La question n’est donc pas de remettre en cause la protection sociale, bien au contraire. La question est de savoir si nous voulons préserver un système solidaire en le protégeant des abus et des gaspillages, ou continuer à demander toujours plus d’efforts à ceux qui le financent.
La Sécurité sociale appartient à tous les Français. Elle mérite mieux que d’être une variable d’ajustement budgétaire.