Napoléon III, récupération non merci

Publié le 10 septembre 2026 à 18:00

La question du retour de la Famille impériale en France ne doit pas devenir un objet de circonstance ou un instrument politique. Elle est portée depuis des décennies par ceux qui, au-delà des alternances et des modes, ont conservé une fidélité à cette mémoire. Napoléon III, l’Impératrice Eugénie, le Prince impérial, mais aussi Franceschini-Pietri et Uhlmann, ne sont pas des symboles que l’on ressort au gré des opportunités, ils appartiennent à une page entière de l’Histoire de France qui mérite respect et dignité.

Je lis, dans l'excellent article de Frederic de Natal, certains rapprochements avec le bonapartisme. Permettez-moi simplement de rappeler quelques réalités.

Tout d'abord, il n'existe pas une ligne politique construite du RN autour de Napoléon III et de son œuvre. Je n’ai pas connaissance d’une prise de position régulière de Jordan Bardella sur ce sujet. Concernant Marine Le Pen, il y a effectivement eu cette évocation à Ajaccio, dans un contexte particulier mais cela ne constitue pas une défense historique constante du Second Empire ou une démarche structurée sur le rapatriement.

Ensuite, entre 2012 et 2015, lorsque France Bonapartiste, que je présidais, travaillait avec Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan, j’ai eu l’occasion de côtoyer les responsables de ce mouvement, dont monsieur Tanguy.

Durant cette période, je l’ai entendu une seule fois évoquer son intérêt pour Napoléon Ier. En revanche, je ne l’ai jamais entendu parler de Napoléon III, défendre son œuvre, son héritage ou se revendiquer d’une véritable tradition bonapartiste. Chacun est naturellement libre d’évoluer, de découvrir une pensée ou d’enrichir ses références mais il existe une différence entre s’intéresser à une figure historique et porter réellement un héritage politique.

Le bonapartisme ne se résume pas à quelques références historiques, à une image d’autorité ou à la récupération de symboles prestigieux. C’est une culture politique, une histoire, une vision de la France fondée sur la souveraineté populaire, l’autorité de l’État, le progrès social et l’unité nationale.

Après le Saint-Cyrien de quelques jours, voici peut-être le bonapartiste de circonstance…

Le problème avec les héritages prestigieux, c’est qu’ils ne supportent pas le marketing politique. Le gaullisme comme le bonapartisme sont des cultures exigeantes : ils demandent plus que quelques références bien choisies ou quelques formules opportunes. Ils reposent sur une histoire, une pensée, des engagements et une fidélité dans le temps.

On ne devient pas héritier d’une tradition simplement en l’affirmant. Les grands noms de notre Histoire ne sont pas des accessoires de communication : ils imposent une exigence de cohérence et de sincérité.

La mémoire impériale, comme les grandes traditions politiques françaises, ne se récupère pas. Elle se respecte.

Le bonapartisme ne se proclame pas. Il se démontre.