Pour clore (sûrement provisoirement) le débat sur le "retour des cendres" de la Famille Impériale, je me permet de publier un courrier que Thierry Choffat (fondateur du Centre d’Études et de Recherches sur le Bonapartisme, fondateur de France Bonapartiste et refondateur/président d'honneur de L'Appel au Peuple) m'avait adresser en 2015 après plusieurs échanges sur le sujet au cours desquels je lui disais que nous devions relancer le sujet ...
"" Mon cher David,
Je sais combien cette question du retour des cendres de la Famille Impériale accompagne ton engagement et combien elle dépasse pour toi la simple question historique. Elle touche à quelque chose de plus profond que nous partageons depuis des années, la fidélité à une mémoire, à une époque, à des hommes et des femmes qui ont marqué notre pays.
Lorsque nous avons commencé à porter cette idée, nous étions animés par une conviction simple, celle que la France ne pouvait pas laisser éternellement loin de son sol ceux qui avaient occupé une place singulière dans son histoire. Le temps avait passé, les passions s’étaient apaisées, et il semblait possible de réparer une forme d’oubli. Je reste convaincu que le retour des cendres de Napoléon III, d’Eugénie et de Napoléon IV est une question qui mérite d’être posée, non pas pour ressusciter un régime disparu, non pas pour opposer une mémoire à une autre mais tout simplement parce qu’une grande nation doit savoir regarder toute son histoire avec sérénité.
Pourtant, avec les années, mon regard sur le moment de ce retour a évolué. Je crois toujours autant à la nécessité de ce geste mais je suis moins certain que notre époque soit celle qui puisse lui donner toute sa portée. Un acte de mémoire ne prend son véritable sens que lorsqu’il rencontre une conscience collective prête à l’accueillir. Il ne suffit pas qu’une poignée de passionnés connaissent, étudient et défendent une période historique, il faut aussi que cette histoire puisse être comprise au-delà de nos cercles.
Aujourd’hui, beaucoup de Français ignorent encore ce que fut réellement le Second Empire. Ils n’en retiennent souvent que quelques images simplifiées alors que cette période fut aussi celle d’une profonde transformation de la France, d’un développement économique, industriel et social qui a profondément marqué notre pays. Peut-être notre premier devoir est-il donc de continuer à transmettre, à expliquer, à faire connaître. Le retour des cendres ne doit pas être seulement l’aboutissement d’un combat de mémoire, il doit être la conséquence naturelle d’une meilleure compréhension de cette histoire.
Je crois désormais qu’il faut savoir attendre le moment où ce geste pourra être accompli non comme une revendication portée par quelques fidèles, mais comme un acte de reconnaissance historique. Les grandes causes demandent parfois de la patience. Notre rôle n’est pas seulement de réclamer, mais de préparer l’avenir.
Continuons ce travail, avec cette même fidélité, avec France Bonapartiste et le CERB. Les générations changent, les regards évoluent mais ce qui est transmis avec sincérité finit toujours par trouver son chemin.
Avec toute mon amitié
Vive l'Empereur
Thierry ""