Lorsqu’on est, comme moi, partisan de l’autorité, de l’ordre républicain et du respect de nos institutions, on ne peut pas fermer les yeux sur les débordements volontaires de certains membres des forces de l’ordre. Défendre nos policiers et nos gendarmes, ce n’est pas leur accorder un blanc-seing, l’uniforme impose des devoirs, une exemplarité et une responsabilité. Celui qui est chargé de faire respecter la loi doit être le premier à la respecter mais je refuse les généralisations et les condamnations collectives.
Tous les lycéens ne sont pas des casseurs, pas plus que tous les policiers et gendarmes ne sont des individus violents ou abusant de leur autorité.
Et à ceux qui auraient tendance à l'oublier, je veux rappeler un chiffre qui devrait nous interpeller : depuis le début des mobilisations lycéennes, 761 policiers et gendarmes ont été blessés, selon le bilan communiqué le 7 octobre par le ministre de l'Intérieur. Dans le même temps, 215 élèves et 89 personnels de l'Éducation nationale ont également été blessés. Derrière ces chiffres, il y a des femmes et des hommes, des jeunes aussi, des familles, des souffrances et parfois des conséquences qui peuvent marquer toute une vie.
Je veux ici exprimer mon soutien à nos policiers et à nos gendarmes qui, chaque jour, accomplissent une mission difficile, souvent ingrate et parfois dangereuse. Ils méritent le respect, la reconnaissance et le soutien de la Nation. Rien, absolument rien, ne peut justifier que l'on s'en prenne physiquement à ceux qui portent l'uniforme de la République.
Mais ma pensée va également à tous les autres blessés, notamment à ces jeunes qui conserveront peut-être toute leur vie les séquelles de ces affrontements.
Je refuse autant la complaisance envers les violences commises contre les forces de l’ordre que celle envers les violences illégitimes commises par certains de leurs membres.
La responsabilité est individuelle. Elle doit le rester.
En revanche, je condamnerai toujours, sans la moindre ambiguïté, ces responsables politiques, ces militants associatifs ou syndicaux qui, sciemment, attisent la haine, encouragent la violence et entretiennent le chaos. Ceux qui instrumentalisent la colère légitime de notre jeunesse, ceux qui transforment chaque mouvement social en affrontement idéologique, ceux qui soufflent sur les braises de la division nationale pour servir leurs ambitions politiques portent une responsabilité particulière car il existe une différence fondamentale entre défendre une revendication, même avec vigueur, et chercher délibérément à provoquer le désordre.
Je n'accepte pas davantage ceux qui voudraient transformer chaque intervention policière contestable en procès général contre nos forces de l'ordre que ceux qui prétendent justifier toutes les violences au nom du maintien de l'ordre.
L'autorité ne se confond pas avec la brutalité. La contestation ne donne aucun droit à la violence. Et la liberté ne saurait être le prétexte au chaos.
Notre pays souffre déjà suffisamment des divisions que certains s'emploient quotidiennement à entretenir. Nous n'avons pas besoin de nouveaux procureurs de la haine mais de responsables capables d'apaiser sans renoncer à la fermeté, d'écouter sans céder à la démagogie et de faire respecter la loi sans tomber dans l'arbitraire.
Je suis bonapartiste, je crois à un État fort, à une autorité juste, à la responsabilité individuelle et à l'unité nationale. Je crois également qu'un État véritablement fort n'est pas celui qui frappe le plus durement, mais celui qui sait faire respecter la loi, protéger les citoyens, sanctionner les coupables et garantir les libertés sans jamais perdre sa légitimité. Et précisément parce que je crois à l'autorité, je refuse qu'elle soit dévoyée et précisément parce que je crois à la liberté, je refuse qu'elle serve de caution à la violence.
La France a besoin d'ordre et de justice, pas d'un camp contre un autre. Elle a besoin de citoyens responsables, pas d'agitateurs professionnels qui prospèrent sur ses fractures.
Il serait d'ailleurs temps que certains responsables politiques cessent de considérer nos policiers et nos gendarmes comme des adversaires à abattre et notre jeunesse comme une masse de manœuvre au service de leurs ambitions idéologiques. Nos jeunes ont besoin d'être entendus, accompagnés et respectés. Nos forces de l'ordre ont besoin d'être soutenues, protégées et respectées. Et les uns comme les autres ont besoin d'un État qui assume pleinement ses responsabilités.
L'autorité sans justice devient l'arbitraire. La liberté sans responsabilité devient l'anarchie. Et ceux qui font de la haine et du chaos leur fonds de commerce ne construisent rien, ils contribuent à défaire la Nation.
Je ne veux ni d'une France livrée au désordre, ni d'une France où l'autorité s'affranchirait du droit. Je veux une France où la loi protège chacun, s'impose à tous et ne soit confisquée par personne.
C'est cela, ma conception de l'autorité républicaine. C'est cela, ma conception de l'État. Et c'est cela, ma certaine idée de la France.