« Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent. » — Napoléon Ier.
Deux siècles plus tard, cette réflexion conserve toute sa pertinence. Il suffit de regarder ce qui se passe actuellement dans nos lycées.
Au départ, des jeunes qui expriment des revendications légitimes : des enseignants absents, des établissements dégradés, des journées interminables, un système éducatif qui ne répond plus toujours à leurs attentes. Et puis arrivent les professionnels de l'agitation !
LFI, Révolution Permanente, Le Poing levé et toute la petite galaxie des révolutionnaires professionnels, toujours prêts à transformer une colère en insurrection, une manifestation en affrontement et une revendication scolaire en combat idéologique. Le Poing levé organise sa « semaine noire », Révolution Permanente rêve de convergence des luttes et les élus insoumis viennent apporter leur soutien aux blocages. Chacun cherche à imprimer sa marque sur une mobilisation qui ne lui appartient pas.
Ils ne viennent pas réparer les lycées. Ils viennent y installer leur fonds de commerce politique !
Et que dire de ceux qui voudraient profiter de ces rassemblements pour y introduire des mots d'ordre islamistes, des discours aux relents antisémites ou des conflits importés qui n'ont strictement rien à voir avec l'avenir de notre jeunesse ? Que des médias internationaux comme Al Jazeera couvrent les manifestations est une chose. Que ces mobilisations puissent devenir des vitrines pour des propagandes politiques ou religieuses étrangères en serait une autre, que je refuse catégoriquement.
Je n'ai aucune leçon de justice sociale à recevoir de ces entrepreneurs de la colère, pas davantage de leçon de démocratie de ceux qui considèrent le désordre comme une méthode politique.
La jeunesse française mérite mieux que de servir de chair à manifester aux ambitions de quelques apprentis révolutionnaires. Elle mérite une véritable instruction nationale, des établissements qui fonctionnent, des perspectives d'avenir et une société capable de lui transmettre autre chose que la haine, la confrontation et la lutte des classes.
Je respecte les lycéens qui manifestent pacifiquement, je condamne les casseurs et ceux qui encouragent les violences, je refuse surtout que des organisations politiques confisquent la parole de notre jeunesse pour mener leurs propres batailles car il y a une différence fondamentale entre vouloir changer la société et vouloir mettre le feu à la société pour espérer régner sur les cendres.
Napoléon avait raison : dans les révolutions, certains agissent et d'autres en profitent. Aujourd'hui, les profiteurs ont des partis, des organisations, des porte-parole et des comptes sur les réseaux sociaux. Il ne leur manque qu'une chose, le courage d'assumer qu'ils se servent de notre jeunesse ! Nos lycées ne sont ni des succursales de LFI, ni des centres de formation à la révolution permanente, ni des tribunes pour l'islamisme. Qu'ils aillent faire leur révolution ailleurs ! Et qu'ils laissent enfin nos jeunes étudier, réfléchir et construire leur avenir !