Palais de l’Élysée — Dimanche 18 octobre 2026
Au lendemain des violences du 17 octobre
Projet fictif d'allocution présidentielle, inspiré de la tradition bonapartiste, de l'autorité républicaine et de l'appel au peuple.
Françaises, Français,
Mes chers compatriotes,
Hier, notre pays a traversé l’une de ces journées sombres qui blessent profondément la conscience nationale.
Dans nos villes, dans nos rues, sur nos places, des violences d’une gravité exceptionnelle ont été commises. Des commerces ont été pillés, des bâtiments publics incendiés, des forces de l’ordre attaquées, des biens détruits.
Des femmes et des hommes qui, chaque matin, se lèvent pour travailler, entreprendre, produire et faire vivre notre Nation, ont vu en quelques heures disparaître le fruit de plusieurs années d’efforts.
Des Français ont eu peur. D’autres ont tout perdu.
Ces événements ne sauraient être considérés comme les manifestations ordinaires d’une colère populaire. Ils constituent, lorsqu’ils prennent la forme du pillage, de l’incendie et de la violence organisée, des atteintes graves à l’ordre républicain.
Je veux ce soir m’adresser à la Nation avec la gravité qu’imposent les circonstances, mais aussi avec la clarté que les Français sont en droit d’attendre de celui auquel ils ont confié la magistrature suprême.
La République ne reculera pas. L’État ne cédera pas. La loi sera respectée.
Je sais les difficultés qui accablent une partie de notre peuple.
Je connais les inquiétudes de nos agriculteurs, les souffrances de nos ouvriers, les difficultés de nos artisans, les préoccupations de nos enseignants, les sacrifices de nos familles et les interrogations de notre jeunesse.
Je sais que beaucoup de Français éprouvent un sentiment d’abandon et doutent de la capacité de leurs institutions à leur garantir un avenir meilleur.
Ces inquiétudes sont légitimes. Elles méritent des réponses.
Mais je le déclare avec la plus grande fermeté :
Aucune injustice sociale ne donne le droit d’incendier. Aucune revendication ne donne le droit de piller. Aucune colère ne donne le droit de frapper, de détruire ou de terroriser.
Le droit de manifester est une liberté fondamentale de notre République.
Le droit de détruire n’existe pas.
La souveraineté appartient au peuple français tout entier. Nul individu, nul groupe, nulle organisation ne saurait prétendre s’en emparer par la violence.
Ce n’est pas à la rue de dicter sa loi à la Nation. C’est à la Nation, par ses institutions légitimes, de déterminer souverainement son destin.
I. LE TEMPS DES DISCOURS EST TERMINÉ
Depuis trop longtemps, nous nous sommes habitués à considérer certaines violences comme une fatalité.
Depuis trop longtemps, les mêmes scènes se reproduisent, les mêmes condamnations sont prononcées, les mêmes promesses sont formulées.
Cette succession de désordres et de déclarations doit prendre fin.
L’autorité de l’État ne peut être intermittente. La protection des Français ne peut être négociable.
C’est pourquoi j’ai décidé, en accord avec le Premier ministre, d’engager sans délai une série de mesures exceptionnelles par leur ampleur, mais pleinement conformes aux principes de notre République.
Dès demain matin, le Gouvernement engagera la préparation d’une grande loi de protection de l’ordre républicain.
Cette loi s’inscrira dans l’esprit de fermeté qui avait présidé à l’adoption de la loi anti-casseurs de 1970, tout en tirant les enseignements de notre histoire et en respectant les principes constitutionnels de responsabilité individuelle et de liberté de manifestation.
Elle renforcera considérablement les sanctions applicables aux violences organisées, aux pillages, aux destructions volontaires et aux attaques contre ceux qui représentent l’autorité publique.
Elle donnera à nos services de police et de gendarmerie des moyens supplémentaires pour identifier les auteurs, démanteler les groupes violents et prévenir leurs actions.
Elle permettra à la justice de disposer des moyens nécessaires pour juger rapidement les auteurs présumés de ces actes, dans le respect des droits de la défense.
Elle renforcera les mécanismes permettant de faire contribuer les personnes condamnées à la réparation des dommages qu’elles auront causés.
J’ai également demandé au Gouvernement d’étudier un renforcement des dispositions permettant de sanctionner les organisateurs de violences collectives, lorsque leur participation intentionnelle à des infractions aura été établie.
Ceux qui détruisent devront répondre de leurs actes. Ceux qui pillent devront répondre de leurs actes. Ceux qui agressent nos policiers, nos gendarmes et nos pompiers devront répondre de leurs actes.
Et je veux être parfaitement clair : cette fermeté ne sera jamais dirigée contre les Français qui manifestent pacifiquement.
Elle sera dirigée contre ceux qui utilisent les manifestations pour commettre des violences.
La liberté des uns ne saurait devenir l’instrument de l’oppression des autres.
La République sera ferme parce qu'elle est juste. Elle sera juste parce qu'elle ne distinguera jamais les citoyens selon leurs opinions, mais selon leurs actes.
II. CHACUN DEVRA PRENDRE SES RESPONSABILITÉS
J’ai également décidé de convoquer, dès demain après-midi, lundi 19 octobre, au palais de l’Élysée, les responsables des principales organisations syndicales ainsi que les dirigeants des formations politiques ayant appelé aux mobilisations de ces derniers jours.
J’y convierai notamment les représentants des mouvements de l’ultragauche.
Je veux les rencontrer personnellement et les placer devant leurs responsabilités.
Car il est temps que chacun mesure la portée de ses paroles, de ses appels et de ses engagements.
Je ne les réunirai pas pour entendre une nouvelle succession de justifications, d’accusations ou de discours convenus.
Je leur demanderai de prendre publiquement et sans ambiguïté leurs distances avec les violences, les pillages, les incendies et les agressions contre les forces de l’ordre.
Je leur demanderai quelles dispositions concrètes ils entendent prendre pour que les prochaines manifestations se déroulent dans le respect des personnes, des biens et des institutions.
Je leur rappellerai qu’une organisation politique ou syndicale porte une responsabilité particulière dans la manière dont elle mobilise ses militants et s’adresse à ses sympathisants.
On ne peut prétendre servir le peuple tout en justifiant la destruction de ce qui lui appartient.
On ne peut se réclamer de la justice sociale tout en fermant les yeux sur la ruine d’un commerçant ou la perte d’emploi d’un salarié.
On ne peut invoquer les libertés républicaines pour excuser ceux qui les piétinent.
Je ne confonds pas les manifestants pacifiques avec les casseurs. Je ne confonds pas davantage l’opposition politique avec la violence.
Mais je le dis à ceux qui, par leurs déclarations, leurs encouragements ou leurs actes, auraient contribué à légitimer les violences :
Vous êtes libres de combattre la politique du Gouvernement. Vous êtes libres de contester mes décisions. Vous êtes libres d’appeler les Français à manifester. Mais vous n’êtes pas au-dessus des lois de la République !
Les responsabilités pénales seront établies par la justice, sur la base des actes de chacun. Les responsabilités politiques, elles, devront être assumées devant les Français.
La République n’a pas à demander la permission de faire respecter ses lois.
Et je le déclare solennellement :
Le temps des ambiguïtés doit prendre fin. Le temps des responsabilités commence.
III. LA NATION N'ABANDONNERA PAS LES VICTIMES
J’ai demandé au Gouvernement de mettre en place, immédiatement, un dispositif national de soutien aux victimes des destructions.
Les commerçants, les artisans et les entrepreneurs dont les établissements ont été saccagés ne seront pas abandonnés.
Les salariés privés de leur outil de travail ne seront pas oubliés.
Les communes dont les équipements publics ont été détruits recevront l’appui de l’État pour rétablir les services indispensables à la population.
Les ministres chargés de l’Économie, de l’Intérieur, du Travail et des Collectivités territoriales présenteront dans les prochains jours un ensemble de mesures destinées à permettre la reconstruction et la reprise de l’activité.
Des procédures administratives accélérées seront mises en place pour faciliter les demandes d’indemnisation.
Un dispositif d’accompagnement des entreprises sinistrées sera établi afin de préserver les emplois.
Je veux également que les collectivités locales puissent restaurer au plus vite les équipements nécessaires à la vie quotidienne.
Car derrière chaque vitrine brisée, il y a un entrepreneur.
Derrière chaque entreprise incendiée, il y a des salariés.
Derrière chaque école dégradée, il y a des enfants privés d’instruction.
Derrière chaque service public détruit, il y a des Français privés d’un droit essentiel.
Ce que les casseurs détruisent en quelques minutes, c’est parfois le travail de toute une vie.
Et c’est à ces Français, à ces travailleurs, à ces familles, que je veux dire ce soir :
La Nation est à vos côtés. Elle ne vous abandonnera pas.
IV. LA RECONNAISSANCE DE LA NATION ENVERS SES SERVITEURS
Je veux maintenant m’adresser à nos policiers, à nos gendarmes, à nos sapeurs-pompiers et à l’ensemble des personnels de secours.
Hier encore, vous avez affronté le danger pour défendre la sécurité de nos concitoyens.
Certains d’entre vous ont été blessés.
D’autres ont été confrontés à des situations d’une extrême violence.
Au nom de la Nation, je veux vous exprimer sa reconnaissance et sa solidarité.
Vous êtes les serviteurs de la République. Vous en incarnez l’autorité, mais aussi les devoirs.
Votre force est celle de la loi. Votre honneur est de la faire respecter.
L’État vous donnera les moyens nécessaires à l’accomplissement de vos missions. Il vous protégera dans leur exercice légitime.
J’ai demandé au ministre de l’Intérieur de procéder sans délai à une évaluation des moyens matériels, humains et opérationnels nécessaires pour garantir notre capacité à faire face à de nouvelles violences.
Je veux que nos forces de l’ordre puissent intervenir efficacement, avec discernement, mais sans jamais être abandonnées à elles-mêmes.
Je veux également rendre hommage à tous ces Français qui, dans les heures les plus difficiles, ont porté assistance à leurs voisins, protégé leurs commerces et aidé les services de secours.
Ils nous rappellent que la France ne se résume jamais aux images de violence.
La France, c’est aussi et surtout ce peuple qui travaille, qui résiste à l’adversité, qui se relève et qui reconstruit.
V. L'AUTORITÉ, LA JUSTICE ET LE PROGRÈS
L’histoire de notre pays nous enseigne une vérité essentielle.
Une nation ne peut prospérer durablement dans le désordre. Mais elle ne saurait davantage trouver son salut dans la seule répression.
L’ordre sans la justice nourrit les rancœurs. La justice sans l’autorité demeure impuissante. Le progrès exige l’un et l’autre.
Voilà pourquoi le rétablissement de l’ordre public s’accompagnera d’un travail national sur les difficultés économiques, sociales et éducatives qui traversent notre pays.
Il ne s’agit pas de céder à la violence. Il s’agit de répondre aux besoins légitimes de notre peuple, sans jamais accepter que la force remplace le droit.
Car nous devons regarder en face les difficultés qui nourrissent le découragement et la colère.
Un pays dans lequel le travail ne permet plus toujours de vivre dignement est un pays qui doit s’interroger.
Un pays dans lequel des territoires entiers éprouvent le sentiment d’être abandonnés est un pays qui doit agir.
Un pays dans lequel une partie de la jeunesse doute de son avenir est un pays qui doit retrouver le chemin du progrès.
Mais que nul ne s’y trompe !
Les difficultés de la Nation ne seront pas résolues par ceux qui incendient ses écoles, pillent ses commerces ou attaquent ses institutions.
Elles seront résolues par le travail, par l’instruction, par l’innovation, par la participation de chacun à l’effort collectif.
La France n’a pas été construite par ceux qui voulaient l’abattre, mais par les générations qui ont travaillé, combattu, inventé, enseigné et transmis.
Elle est l’œuvre de ses paysans, de ses ouvriers, de ses ingénieurs, de ses entrepreneurs, de ses soldats, de ses savants et de ses instituteurs.
Elle appartient à tous les Français.
Et parce qu’elle appartient à tous, nul ne peut s’arroger le droit de la prendre en otage.
Je ne permettrai pas que quelques centaines ou quelques milliers d’individus violents compromettent les libertés et la sécurité de millions de Français.
Je ne laisserai pas la peur s’installer dans nos villes.
Je ne laisserai pas les commerçants baisser définitivement leurs rideaux sous la menace.
Je ne laisserai pas les familles considérer comme normal de redouter pour leurs enfants lorsqu’ils empruntent les rues de leur propre pays.
Mais je ne laisserai pas davantage notre Nation se diviser entre Français dressés les uns contre les autres.
Car la France n’est ni un camp, ni une faction, ni un parti.
La France est une Nation. Et une Nation ne peut demeurer grande lorsqu’elle renonce à son unité.
VI. MON APPEL AU PEUPLE FRANÇAIS
Dans les heures difficiles de son histoire, notre peuple a toujours su trouver en lui-même la force de se relever.
Il a connu les révolutions, les invasions, les guerres civiles, les défaites et les épreuves les plus terribles.
Il a toujours trouvé des hommes et des femmes capables de reconstruire ce qui avait été détruit.
Aujourd’hui, il ne nous est demandé ni de conquérir des territoires, ni de livrer de grandes batailles.
Il nous est demandé quelque chose de plus simple, mais d’essentiel :
Faire respecter la loi. Protéger les innocents. Rétablir la confiance. Rassembler les Français.
C’est la mission que je me suis donnée.
C’est le devoir qui m’incombe.
Et c’est l’engagement que je prends solennellement devant vous.
Je veux que chacun comprenne que la fermeté de l’État n'est pas une menace contre les libertés, mais la garantie de leur exercice.
Je veux que les Français puissent de nouveau avoir confiance dans leurs institutions.
Je veux que notre jeunesse comprenne que son avenir ne réside pas dans la destruction, mais dans la construction.
Je veux que nos travailleurs sachent que la Nation reconnaît leurs efforts.
Je veux que nos entrepreneurs sachent que la République protège leur liberté d'entreprendre.
Je veux que nos enseignants puissent instruire, que nos soignants puissent soigner et que nos forces de sécurité puissent protéger.
Je veux enfin que chaque Français puisse être fier d'appartenir à une Nation qui ne renonce ni à son histoire, ni à ses principes, ni à son avenir.
Françaises, Français,
Je ne vous promets pas que tous les problèmes de notre pays disparaîtront demain.
Mais je vous garantis que l’État assumera pleinement ses responsabilités.
Que la loi sera appliquée.
Que la justice sera rendue.
Que les victimes seront soutenues.
Que les libertés seront défendues.
Et que nul ne pourra prétendre imposer sa volonté au peuple français par la violence.
Car il est une vérité que notre histoire nous a enseignée :
Un État qui renonce à son autorité abandonne les faibles aux plus violents. Une République qui renonce à la justice perd la confiance du peuple. Une Nation qui renonce au progrès compromet son avenir.
La France ne doit renoncer à aucun des trois.
Il est temps que la force revienne à la loi, que la confiance revienne au peuple et que l’espérance revienne à la France.
L'autorité n'est pas une fin en soi.
L'autorité est la condition de la liberté.
La liberté est la condition du progrès.
Et le progrès doit être le bien commun de toute la Nation.
C'est dans cet esprit que j'entends poursuivre ma mission.
Avec fermeté.
Avec justice.
Avec confiance dans le peuple français.
Pour l'Autorité.
Pour le Progrès.
Pour l'Unité.
Vive la République !
Et vive la France !