La colère d'un Français qui refuse de voir son pays sombrer.
Ce soir, c'est une France meurtrie que nous regardons. Une France où les flammes ont remplacé les débats, où les pavés ont remplacé les arguments, où la violence prétend désormais faire office de revendication.
De Paris à Marseille, de Lyon à Limoges, de Bordeaux à Toulouse, nous avons assisté à des scènes révoltantes. Des mairies attaquées, des bâtiments publics incendiés, des commerces pillés, des policiers et des gendarmes pris pour cibles. J'ai honte de ce spectacle. Mais ma colère ne s'arrête pas aux casseurs. Elle s'adresse aussi à toute une classe politique qui porte une lourde responsabilité dans la situation de notre pays.
Je condamne ceux qui cassent, ceux qui pillent, ceux qui incendient. Ces individus ne sont pas des révolutionnaires, encore moins des défenseurs du peuple. Ils sont les ennemis de l'ordre public, de la liberté et de cette France populaire qu'ils prétendent parfois représenter. Qu'ils soient identifiés, jugés et condamnés à la hauteur de leurs actes. Qu'ils assument financièrement les destructions dont ils seront reconnus responsables. Il n'appartient pas aux Français de payer éternellement les dégâts provoqués par ceux qui méprisent les règles les plus élémentaires de la vie en société.
Mais je condamne tout autant les responsables politiques qui soufflent sur les braises ! Ceux qui, par calcul électoral, entretiennent la confrontation permanente. Ceux qui trouvent toujours une excuse aux violences lorsqu'elles servent leur discours. Ceux qui instrumentalisent la jeunesse, exploitent les frustrations sociales et jouent avec la colère des Français pour quelques voix supplémentaires.
Vous ne défendez pas le peuple. Vous vous servez de lui !
Et que dire de ceux qui gouvernent ou ont gouverné notre pays depuis des décennies ? De ceux qui ont laissé disparaître nos industries, se dégrader nos services publics, s'affaiblir notre école, reculer l'autorité de l'État et se creuser les fractures sociales et territoriales ? De ceux qui ont abandonné des quartiers entiers, oublié la France rurale, méprisé les travailleurs, laissé les classes moyennes s'appauvrir et demandé toujours davantage d'efforts à ceux qui n'en pouvaient déjà plus ?
Vous ne pouvez pas vous contenter de condamner aujourd'hui les flammes sans accepter de regarder le désespoir et les frustrations que vos politiques ont contribué à nourrir !
Cela n'excuse aucune violence. Absolument aucune. Mais cela oblige à regarder les responsabilités politiques en face.
Je refuse cette France que l'on voudrait nous imposer, condamnée à choisir entre les pyromanes de la contestation et les gestionnaires du déclin.
Je refuse que notre jeunesse soit prise en otage par des agitateurs idéologiques ou abandonnée par des gouvernements incapables de lui offrir des perspectives.
Je refuse que les policiers, les gendarmes et les pompiers soient envoyés, semaine après semaine, affronter les conséquences d'une faillite politique dont ils ne sont pas responsables.
Je refuse que les commerçants, les artisans, les salariés et les familles soient les victimes collatérales de cette guerre permanente que certains entretiennent et que d'autres ne savent plus empêcher.
La France n'est pas un champ de bataille, elle n'est pas un terrain d'expérimentation révolutionnaire. Elle n'est pas davantage la propriété d'une caste politique qui aurait définitivement renoncé à la redresser. Notre pays a besoin d'autorité, mais d'une autorité juste. Il a besoin d'ordre, mais aussi de justice sociale. Il a besoin de fermeté, mais également d'espérance car l'autorité sans progrès social ne suffit pas. Et le progrès social sans autorité ne peut durablement exister.
Je ne veux pas d'une France qui brûle. Je ne veux pas davantage d'une France qui se résigne, je veux une France qui travaille, qui produit, qui instruit, qui protège, qui rassemble et qui retrouve confiance en elle-même.
Ce soir, ma pensée va d'abord aux victimes de ces violences, aux commerçants qui découvrent leurs établissements détruits, aux habitants qui ont eu peur, aux policiers, aux gendarmes et aux pompiers mobilisés pour protéger nos concitoyens mais je veux également m'adresser à tous ces Français silencieux qui regardent leur pays avec tristesse, parfois avec colère, et qui ne se reconnaissent ni dans les casseurs ni dans ceux qui prétendent les gouverner.
Vous avez le droit d'être en colère. Vous avez surtout le droit d'exiger autre chose que le chaos ou le déclin !
Il est grand temps que ceux qui ont fait de la politique un métier, une carrière ou un instrument de division comprennent que la France n'est pas leur propriété.
Ce 17 octobre restera un jour de cendres. Mais les Français ne sont pas condamnés à vivre au milieu des ruines de leur Nation.
Assez de violences ! Assez de provocations ! Assez d'abandons ! Assez de renoncements !
La France mérite mieux que les pyromanes et les fossoyeurs, elle mérite de retrouver l'Autorité, le Progrès et l'Unité.