La longue série des cambriolages dans les musées français s’allonge. Vendredi 24 juillet, en plein après-midi, des malfaiteurs ont dérobé le torque en or de la Dame de Vix au musée du Pays Châtillonnais, à Châtillon-sur-Seine. Un chef-d’œuvre inestimable du Ve siècle avant notre ère, appartenant à notre patrimoine commun.
Ce vol est d’autant plus révoltant que le musée avait déjà subi deux tentatives d’intrusion et pourtant, les voleurs ont pu revenir et s’emparer de l’une des pièces archéologiques les plus précieuses de France.
Trois semaines auparavant, 37 monnaies d’or gallo-romaines avaient déjà été dérobées au musée de Montans dans le Tarn. Sans oublier quelques mois plus tôt, le casse spectaculaire du Louvre. Combien de trésors faudra-t-il encore perdre avant que l’État prenne réellement la mesure du désastre ?
La ministre de la Culture présentera lundi un plan de sécurisation des musées. Il était temps. Mais après le Louvre, après Montans, après les deux tentatives et le vol du torque de Vix, ce plan ressemble moins à une politique anticipée qu’à une réaction tardive devant une succession de défaillances.
Dans le même temps, l’État déploie une énergie remarquable pour satisfaire le caprice présidentiel consistant à remplacer six vitraux du XIXe siècle de Notre-Dame de Paris. Des vitraux de Viollet-le-Duc épargnés par l’incendie, restaurés et que la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture avait unanimement demandé de conserver.
Notre patrimoine n’est ni un décor, ni un terrain d’expérimentation, ni la propriété passagère d’un président. Il est la mémoire de la France. Avant de vouloir laisser sa marque dans l’Histoire, Emmanuel Macron ferait mieux de protéger les traces que l’Histoire nous a laissées.