L'Agence Française de Recherche et d'Innovation

Publié le 29 juillet 2026 à 07:00

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Il aura donc fallu des années pour que l’idée d’une véritable Agence Française de Recherche et d’Innovation, inspirée du modèle de la DARPA américaine, commence enfin à s’imposer dans le débat public. Avec le regretté François Harari notamment, nous défendions déjà depuis longtemps cette ambition au sein de l’Appel au Peuple.

La France doit pouvoir sélectionner quelques grands défis stratégiques — intelligence artificielle, quantique, espace, énergie, santé, nouveaux matériaux, fonds marins ou technologies de défense — et donner à des responsables de programmes les moyens de réunir chercheurs, universités, start-up et industriels autour de projets audacieux. Il faut accepter le risque, financer dans la durée et juger sur les résultats, non sur la quantité de dossiers administratifs produits.

Mais attention à ne pas détourner cette bonne idée pour affaiblir le CNRS, l’Inserm ou l’Inria et concentrer l’ensemble de la recherche dans quelques universités prétendument « d’élite ». Une agence française de rupture doit compléter nos grands organismes, non organiser leur démantèlement. La recherche fondamentale prépare les découvertes de demain ; l’agence de projets doit permettre de les transformer en innovations, en capacités industrielles et en souveraineté nationale.

Une fois encore, nous constatons que certaines propositions que l’on jugeait hier irréalistes deviennent aujourd’hui des évidences. Je regrette seulement que François ne soit plus là pour voir cette idée enfin reconnue. Il avait compris, avant beaucoup d’autres, que l’indépendance de la France se gagnerait aussi dans ses laboratoires.