Vingt-six pays condamnent les exécutions en Iran. Très bien. Mais cela fait une belle jambe au peuple iranien qui, lui, continue de subir la répression, les arrestations, les condamnations et les pendaisons.
Il arrive un moment où les communiqués diplomatiques ne suffisent plus. Il arrive surtout un moment où l’on ne négocie plus indéfiniment avec des bourreaux comme si quelques déclarations de fermeté allaient modifier leur comportement.
Le régime iranien ne réprime pas seulement son propre peuple. Depuis des décennies, il développe une stratégie d’influence, de pression et de confrontation par l’intermédiaire de ses relais et de ses proxies. La France aurait tort de considérer cette menace comme lointaine. Elle a elle-même été frappée et visée par le terrorisme lié à cette mouvance. Le Drakkar, à Beyrouth, où 58 militaires français ont perdu la vie en 1983, appartient à notre mémoire nationale. Les attentats qui ont ensanglanté Paris dans les années 1980 rappellent également que la France n’a jamais été totalement à l’écart de cette guerre indirecte.
Nous ne devons donc avoir aucune naïveté.
Être solidaire du peuple iranien, ce n’est pas appeler à une guerre contre l’Iran. C’est au contraire distinguer clairement un peuple qui aspire à vivre libre d’un régime qui l’opprime. C’est refuser que nos condamnations restent purement symboliques.
La France doit défendre une politique de fermeté : sanctions personnelles contre les responsables de la répression, gel de leurs avoirs, lutte contre les circuits de financement, pression diplomatique, isolement des structures directement impliquées dans la violence et soutien aux Iraniens qui se battent pour leurs libertés.
Cette fermeté doit également s’appliquer aux relais présents sur notre territoire.
La liberté d’opinion doit évidemment rester protégé mais il existe une différence fondamentale entre exprimer une opinion, même contestable et soutenir activement un régime qui réprime, financer ou promouvoir ses organisations relais, justifier le terrorisme, menacer des opposants ou servir consciemment les intérêts d’une puissance hostile.
Lorsque des infractions sont constituées, elles doivent être poursuivies. Lorsque des financements suspects existent, ils doivent être contrôlés. Lorsque des structures servent de relais à des organisations dangereuses, elles doivent faire l’objet de toute l’attention de l’État et, lorsque la loi le permet, de sanctions.
Et il existe aussi une responsabilité politique et morale. On ne peut pas condamner les exécutions à Téhéran et fermer les yeux sur ceux qui, ici, excusent la répression, reprennent la propagande du régime ou minimisent les agissements de ses proxies.
La France doit se souvenir de ses morts, protéger ses citoyens et défendre ses intérêts.
Elle doit également dire clairement au peuple iranien qu’il n’est pas seul. Mais la solidarité véritable ne se mesure pas au nombre de communiqués publiés. Elle se mesure aux actes.
Face aux bourreaux, vient un moment où condamner ne suffit plus. Il faut leur faire comprendre que leurs actes ont un prix, que leurs réseaux ne bénéficieront d’aucune complaisance et que la France ne laissera plus menacer impunément ses citoyens, ses intérêts ou sa souveraineté.