Ecotaxe, pourquoi pas

Publié le 29 août 2026 à 18:00

Je ne suis pas hostile par principe à une écotaxe au niveau national sur les poids lourds, à condition qu’elle vise exclusivement le grand transit international.

Des milliers de camions traversent chaque jour notre pays, utilisent nos infrastructures, dégradent nos routes et génèrent pollution, bruit et insécurité. Il est parfaitement légitime de leur demander une contribution destinée à financer l’entretien et la sécurisation de notre réseau routier, ainsi que le développement du fret ferroviaire et fluvial.

En revanche, une écotaxe frappant indistinctement tous les poids lourds serait inacceptable. Elle pénaliserait directement nos transporteurs, nos agriculteurs, nos artisans, nos entreprises et nos circuits courts. Et la facture finirait inévitablement par être répercutée sur les prix. Derrière chaque camion français taxé, ce sont les consommateurs qui paieront.

On nous répondra que les règles européennes interdisent de distinguer les transporteurs selon leur nationalité, l’origine ou la destination des marchandises. C’est précisément de ces carcans qu’il faut nous affranchir. La France doit retrouver la liberté de protéger son économie, ses entreprises et son territoire. Ce ne sont pas les règles du marché unique qui doivent déterminer notre politique fiscale et l’utilisation de nos routes.

Une taxe nationale doit donc cibler le grand transit international, particulièrement les camions qui ne font que traverser la France, tout en préservant les transports intérieurs, les livraisons locales et les activités indispensables à notre économie. Ses recettes devront être strictement affectées aux infrastructures et non disparaître dans le tonneau sans fond du budget général.

Faire contribuer le transit international, oui. Transformer l’écologie en prétexte pour taxer une nouvelle fois toute l’économie française, non.

Et si Bruxelles s’y oppose, alors la France devra faire prévaloir ses intérêts nationaux.