Plus de 33 000 chefs d’entreprise ont perdu leur activité au premier semestre 2026, soit plus de 180 par jour. Dans leur sillage, près de 80 000 emplois salariés auraient également disparu. Il serait pourtant trop facile d’expliquer cette hécatombe par la seule mauvaise gestion des patrons.
Nos commerçants, artisans, restaurateurs et petites entreprises affrontent une concurrence de plus en plus déséquilibrée. Celle des plateformes Internet, parfois installées à l’étranger, qui ne supportent ni les mêmes charges ni les mêmes contrôles. Celle d’entreprises ayant recours à une main-d’œuvre moins protégée et plus malléable, à la sous-traitance en cascade, aux faux indépendants ou au détachement de salariés à des coûts sociaux inférieurs.
La libre circulation au sein de l’Union européenne, sans véritable harmonisation fiscale et sociale, permet également de mettre directement en concurrence des entreprises soumises à des niveaux de charges très différents. Quant aux accords commerciaux, ils ouvrent notre marché à des produits fabriqués avec des salaires, des normes sociales, sanitaires ou environnementales que nous n’accepterions pas en France.
Il faut aussi parler du travail au noir. Une entreprise qui déclare ses salariés, paie ses cotisations et respecte les règles ne peut pas rivaliser durablement avec ceux qui dissimulent leur activité et cassent artificiellement les prix.
Enfin, la paupérisation d’une partie des Français réduit directement la clientèle des entreprises locales. Lorsque les ménages ne peuvent plus boucler leurs fins de mois, ils suppriment les dépenses jugées secondaires, reportent leurs achats ou se tournent vers le moins cher. Ce n’est pas un choix idéologique, mais une contrainte financière.
Le cercle vicieux est évident. L'appauvrissement fait reculer la consommation, les entreprises ferment, les emplois disparaissent et les territoires s’appauvrissent davantage.
Défendre nos entreprises impose donc de rétablir une concurrence loyale, de combattre les fraudes, d’imposer la réciprocité dans les échanges et de redonner du pouvoir d’achat aux Français. Une concurrence sans règles n’est pas une concurrence : c’est le sacrifice organisé de notre économie.