Les 31 août et 1er septembre 1870, à Bazeilles, les marsouins et les bigors de la Division bleue affrontèrent les troupes bavaroises dans des combats d’une violence extrême.
Maison après maison, rue après rue, ils résistèrent jusqu’aux dernières cartouches. Débordés par le nombre, ils ne le furent jamais par le courage. Ils tinrent parce que la mission commandait de tenir, parce qu’on n’abandonne ni sa mission, ni ses camarades, ni son drapeau.
Ces hommes étaient aussi les soldats de la France impériale. À travers eux, ayons donc une pensée pour l’Empereur Napoléon III dont le règne fut emporté par la tragédie de Sedan mais dont l’œuvre et la mémoire ne sauraient être réduites à cette seule défaite.
Bazeilles n’est d’ailleurs pas la célébration d’une défaite, c’est l’hommage rendu à une certaine idée du soldat. Le sens du devoir, la fidélité à la parole donnée, la fraternité d’armes et la volonté d’aller jusqu’au bout de la mission même lorsque tout semble perdu.
Pour le marsouin que je suis, ancien du 3e RIMa, Bazeilles n’est pas simplement une page glorieuse de notre histoire militaire, c'est un héritage vivant. On peut avoir quitté l’uniforme mais on ne quitte jamais véritablement la Coloniale. Son esprit, ses traditions et le souvenir de ceux qui sont tombés restent en nous.
En ce jour de commémoration, inclinons nous devant les combattants de 1870 mais également devant tous les marsouins et tous les bigors tombés depuis sur les différents théâtres d’opérations. Ayons aussi une pensée pour ceux qui, aujourd’hui encore, servent la France, parfois loin de leurs familles, dans le silence et l’abnégation.
Une nation digne de ce nom n’oublie jamais ses soldats, leurs sacrifices et le sang versé pour elle.
À nos morts. À nos blessés. À ceux qui servent et à ceux qui serviront.
Et au nom de Dieu, vive la Coloniale !Vive les Troupes de marine !Vive la France !