Les « États-Unis d’Europe » : la question que Philippe Séguin nous avait posée

Publié le 18 septembre 2026 à 14:00

Philippe Séguin nous avait alertés dès les années 1990, derrière les évolutions successives de la construction européenne se posait une question essentielle, celle de la souveraineté des peuples.

Aujourd’hui, certains revendiquent clairement l’objectif de préparer les « États-Unis d’Europe ». Ce projet n’est plus seulement une hypothèse théorique, il correspond à une vision politique assumée par ceux qui souhaitent aller vers une Europe davantage fédérale.

Mais une question fondamentale demeure : "peut-on construire un nouvel ensemble politique en transformant profondément la nature même de nos nations sans demander l’avis des peuples ?"

L’Europe n’est pas une nation. Elle n’a pas une histoire unique, une langue commune ou une conscience politique comparable à celle des peuples qui la composent. La France, avec son histoire millénaire, sa culture, sa diplomatie et son modèle politique, n’est pas une simple composante administrative d’un ensemble supérieur.

Coopérer avec nos voisins est une nécessité. Construire des alliances, défendre des intérêts communs, travailler ensemble sur les grands défis du monde est une évidence mais la coopération entre nations libres ne doit pas devenir la disparition progressive des nations.

Philippe Séguin posait déjà la question essentielle : "qui décide ? Au nom de qui ? Avec quel contrôle démocratique ?"

Derrière les débats institutionnels se trouve une réalité simple. La souveraineté n’est pas un concept abstrait, c’est la capacité d’un peuple à choisir lui-même son avenir.

Si certains souhaitent franchir une nouvelle étape vers des « États-Unis d’Europe », alors cette évolution ne peut pas se faire par des traités successifs ou des décisions éloignées des citoyens. Elle doit faire l’objet d’un véritable débat national et d’un choix clair du peuple français par référendum.

Pour moi, la France n’a pas vocation à devenir une région parmi d’autres d’un ensemble continental. Elle a vocation à rester la France, c'est à dire une nation libre, indépendante, capable de porter une voix singulière dans le monde.

Elle doit coopérer avec ses partenaires, dialoguer avec ses alliés, mais toujours rester maîtresse de son destin car depuis des siècles, la grandeur de la France repose sur une conviction simple : "un peuple qui décide encore de son avenir reste un peuple souverain".