Dans son traditionnel discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne a annoncé vouloir renforcer une stratégie européenne commune dans les domaines de la sécurité, de la défense et de la politique étrangère, en lien notamment avec la Haute représentante Kaja Kallas.
Derrière l’objectif affiché d’une meilleure coordination entre Européens face aux crises du monde actuel, se pose une question essentielle : celle de la souveraineté des nations.
La défense d’un pays, le choix de ses alliances, l’engagement de ses soldats et la conduite de sa diplomatie ne sont pas de simples politiques publiques parmi d’autres. Ils constituent le cœur même de l’indépendance d’un État. La France n’a jamais refusé la coopération, elle a toujours su nouer des alliances et construire des partenariats avec ses voisins mais une alliance n’est pas une absorption, une coopération n’est pas une soumission.
Nous devons refuser toute évolution qui conduirait à dessaisir progressivement les peuples et les États de leur capacité à décider eux-mêmes de leur avenir. L’Europe ne doit pas, par le biais de l’Union Européenne, être une structure où les nations seraient réduites au rôle d’exécutants d’une politique définie ailleurs. Elle doit rester une coopération entre peuples libres, capables d’unir leurs forces, quand la situation l'exige, tout en conservant leur identité et leur indépendance.
Mais face à des choix aussi fondamentaux, qui touchent à notre défense, notre diplomatie et notre capacité collective à décider de notre destin, une question s’impose : les Français ont-ils encore leur mot à dire ?
L’avenir de la France dans l’Union Européenne ne peut être déterminé par une succession d’évolutions institutionnelles sans débat populaire majeur. Il doit faire l’objet d’un choix clair, démocratique et assumé. C’est pourquoi il est nécessaire de soumettre aux Français la question de l’avenir de la France et de l’Union Européenne.
Non pas pour opposer la France à l’Europe, mais pour permettre au peuple français de définir librement la nature de cette relation avec l'organisation qu'est l’Union Européenne. Une coopération entre nations souveraines ou une intégration politique toujours plus poussée.
Sur des sujets aussi essentiels, la souveraineté ne peut pas seulement être invoquée : elle doit s’exercer.
La France peut être européenne sans renoncer à être la France. Elle peut coopérer sans se soumettre. Elle peut construire avec ses partenaires sans abandonner sa souveraineté.