La France, c'est le français quand il est bien écrit (Napoléon Bonaparte)

Publié le 2 octobre 2026 à 22:00

Cette lycéenne met le doigt sur un problème beaucoup plus profond qu’une simple question de Parcoursup : celui de la maîtrise de la langue française et, derrière elle, de notre capacité à faire France.

Tous les parents ne lisent pas des livres à leurs enfants. Cela existe dans certains quartiers populaires comme dans la ruralité ou dans des familles plus favorisées. Ce n’est donc pas là que doit se situer l’essentiel du débat. En revanche, il est difficilement acceptable qu’un jeune puisse arriver en Première ou en Terminale avec de graves lacunes dans la maîtrise du français, la lecture, l’écriture, le vocabulaire ou la compréhension. La maîtrise de la langue française fait d’ailleurs partie des compétences fondamentales que l’Éducation nationale entend faire acquérir pendant la scolarité obligatoire, et elle est directement évaluée lors des épreuves anticipées de français du baccalauréat. 

Lorsque ces difficultés existent, elles doivent être détectées et corrigées bien avant le lycée.

Davantage d’heures de français, ateliers de lecture et d’écriture, accompagnement individualisé, heures de soutien à la place de certaines heures d’étude. Il faut pouvoir concentrer les moyens sur les fondamentaux dès qu’une difficulté apparaît.

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles nous proposons la fin du collège unique.

Maintenir tous les élèves dans un parcours quasiment identique jusqu’à 15 ou 16 ans ne doit pas empêcher de répondre rapidement aux difficultés particulières de chacun. Il faut pouvoir renforcer massivement les fondamentaux pour certains, développer davantage les enseignements pratiques pour d’autres et préparer progressivement une orientation vers les voies générales, techniques, professionnelles ou l’apprentissage.

Orienter n’est pas reléguer. Il n’y a aucune honte à apprendre un métier, à entrer dans une filière technique ou professionnelle ou à choisir l’apprentissage. Notre économie et notre réindustrialisation auront au contraire besoin de techniciens, d’ouvriers qualifiés, d’artisans et de professionnels parfaitement formés.

Mais cette question scolaire rejoint également celle de l’intégration et de l’assimilation. Nous proposons un moratoire sur l’immigration non francophone afin, lorsque notre pays accueille une immigration, de privilégier une immigration déjà francophone. Partager la langue française ne suffit évidemment pas à tout résoudre mais cela supprime dès le départ l’un des principaux obstacles à l’intégration dans la vie quotidienne, scolaire, professionnelle et civique.

Pour ceux qui vivent déjà en France, la maîtrise de notre langue doit également devenir une véritable exigence au terme d’un délai raisonnable et plutôt que de constater simplement que certains parents maîtrisent insuffisamment le français, donnons-leur aussi les moyens de progresser.

Pourquoi ne pas ouvrir largement des cours de français en soirée, dans les établissements scolaires, les mairies, les médiathèques ou les structures publiques locales ? Cela permettrait aux parents concernés de mieux maîtriser la langue, de gagner en autonomie, d'accéder plus facilement à notre culture et surtout de pouvoir accompagner leurs propres enfants dans leur scolarité. Il faut également rendre la lecture et la culture accessibles partout. Bibliothèques, médiathèques, bibliobus dans la ruralité comme dans les quartiers éloignés des équipements culturels, ateliers de lecture et partenariats avec les établissements scolaires.

Mais il faudra surtout sortir d’une autre hypocrisie : faire passer un élève d’une classe à l’autre malgré des lacunes importantes n’est pas lui rendre service. L’égalité des chances ne consiste pas à faire croire à chacun qu’il suivra exactement le même parcours. Elle consiste à détecter suffisamment tôt ses difficultés, à lui donner les moyens de les surmonter, à reconnaître ses aptitudes et à lui permettre de trouver la voie dans laquelle il pourra véritablement réussir. Nous devons changer de paradigme.

Faire France commence aussi par une langue commune réellement maîtrisée.

Une École exigeante qui apprend à lire, écrire, comprendre et argumenter. Une orientation qui cesse de considérer les filières techniques et professionnelles comme des voies secondaires. Une politique d’intégration qui fasse de la maîtrise du français une condition essentielle de l’assimilation.

Parce que l’assimilation ne consiste pas à demander à quelqu’un d’oublier d’où il vient.

Elle consiste à lui donner toutes les possibilités de savoir pleinement où il vit, de maîtriser la langue commune et de prendre sa place dans la communauté nationale.