Aujourd'hui, lorsque je vois le comportement d'une partie de cette jeunesse qui descend dans la rue, je me dis que le constat que je fais depuis des années reste malheureusement d'actualité.
Je ne parle pas ici des véritables voyous, de ceux qui viennent pour casser, agresser ou semer le chaos. Et rappelons au passage que certains de ces individus sont issus de « bonnes familles » et de « beaux quartiers ». La délinquance n'a ni origine sociale exclusive ni adresse réservée ! Non, je parle de cette jeunesse qui semble parfois ne plus avoir de repères, qui ne connaît plus suffisamment l'histoire de son pays, qui ne se reconnaît plus dans la communauté nationale et qui devient une proie facile pour tous les agitateurs politiques et idéologiques.
Et sur ce sujet, une certaine droite, qui se prétend parfois patriote, parfois gaulliste, porte aussi sa part de responsabilité.
Pendant des décennies, elle a trop souvent préféré le rejet à l'assimilation, l'indifférence à l'intégration, les discours sur l'identité nationale à la construction concrète d'une communauté de destin car enfin, comment prétendre défendre la France tout en laissant sur le bord de la route une partie de ceux qui y vivent ? Comment exiger le respect des valeurs de la République lorsqu'on n'a pas pris la peine de les transmettre, de les expliquer et de les faire vivre ?
L'assimilation ne se décrète pas à coups de slogans. Elle se construit. Elle s'enseigne. Elle s'exige aussi.
Elle suppose une école qui transmette la langue française, notre histoire, notre culture et le sens de la Nation. Elle suppose des familles qui assument leur rôle, un État qui exerce son autorité et une société qui offre à chacun la possibilité de prendre sa place, à condition d'en accepter les devoirs et elle suppose surtout de ne pas confondre fermeté et rejet.
Je refuse autant le discours de ceux qui voudraient excuser tous les comportements au nom des origines ou des difficultés sociales que celui de ceux qui considèrent une partie de notre jeunesse comme définitivement étrangère à la communauté nationale.
Il n'y a pas de patriotisme véritable sans volonté de transmettre, de rassembler et d'élever.
Être patriote, ce n'est pas seulement brandir un drapeau, chanter la Marseillaise ou invoquer les grandes figures de notre Histoire à longueur de discours, c'est aussi vouloir que chaque génération puisse s'approprier cet héritage et se sentir responsable du destin de la France. Voilà pourquoi je défends depuis toujours une conception exigeante de l'assimilation, fondée sur les droits, mais aussi sur les devoirs, sur le mérite, sur l'autorité juste et sur l'appartenance à une même communauté nationale.
On ne fera pas aimer la France à ceux auxquels on donne constamment le sentiment qu'ils n'y ont pas leur place. Mais on ne la fera pas respecter davantage en renonçant à leur en imposer les règles.
La France ne doit ni rejeter ni renoncer. Elle doit transmettre, exiger et rassembler.
C'est cela, pour moi, une certaine idée de la France.