Il y a quelque chose de profondément paradoxal à voir Nicolas Dupont-Aignan, qui se réclame du gaullisme, applaudir Donald Trump lorsque celui-ci suggère aux Ukrainiens de changer de président parce que Volodymyr Zelensky refuse de conclure un accord avec la Russie.
Mais enfin, de quoi accuse-t-on réellement Zelensky ? De refuser de céder devant l'envahisseur ? De défendre l'intégrité territoriale de son pays ? De ne pas accepter une paix qui pourrait consacrer les conquêtes militaires russes ?
En juin 1940, un certain Philippe Pétain estimait qu'il fallait cesser le combat. Un certain Charles de Gaulle considérait, lui, que la France devait poursuivre la lutte, malgré la défaite et l'occupation d'une partie de son territoire.
Alors, je pose une question à ces prétendus héritiers du gaullisme : si de Gaulle avait accepté les conditions de l'occupant, y aurait-il seulement eu un 18 Juin ?
Naturellement, l'Ukraine de 2026 n'est pas la France de 1940. Et personne ne peut raisonnablement souhaiter une guerre sans fin. Il faudra négocier, construire une paix et trouver les garanties permettant d'en assurer la durée mais négocier n'est pas capituler. Et rechercher la paix ne signifie pas reconnaître à l'agresseur le droit de disposer du territoire de sa victime.
Surtout, depuis quand appartient-il au président des États-Unis de décider qui doit diriger une nation souveraine ?
On ne peut pas invoquer de Gaulle à chaque commémoration du 18 Juin et applaudir, le reste de l'année, ceux qui voudraient imposer à un peuple envahi les conditions de son agresseur.
À ceux qui se réclament du gaullisme tout en saluant les propos de Donald Trump, je poserai donc une dernière question : En juin 1940, auriez-vous soutenu celui qui voulait poursuivre le combat ou celui qui prétendait sauver la France en acceptant la défaite ?
Car l'esprit du 18 Juin ne se mesure pas au nombre de fois où l'on prononce le nom du Général. Il se mesure à la capacité de défendre la souveraineté d'une nation, y compris lorsque cela dérange les puissants.