Trois fusillades en trois jours. Des coups de feu en pleine journée, à proximité d'une crèche et de commerces. Et des habitants qui, mercredi 14 octobre, se sont mobilisés pour réclamer ce qui devrait être une évidence dans notre pays : le droit de vivre en sécurité !
Mais ne nous trompons pas, ce qui se passe à Toulouse, dépasse largement les frontières de cette ville, Empalot n'est qu'un des symptômes d'un mal qui ronge notre pays, l'installation progressive d'une criminalité organisée qui entend imposer ses propres lois, ses propres règles et sa propre autorité. Et pendant ce temps, que faisons-nous ?
Nous multiplions les déclarations, les plans, les opérations médiatiques, les promesses de fermeté. Nous annonçons des moyens supplémentaires, nous inaugurons des caméras, nous organisons des réunions de crise. Puis nous attendons la prochaine fusillade !
Combien faudra-t-il de morts, de blessés, de familles terrorisées pour comprendre que nous ne sommes plus face à de simples problèmes de délinquance ?
Le narcotrafic est devenu une véritable puissance financière et criminelle. Il recrute des adolescents, corrompt, intimide, menace, tue. Il impose sa loi à des habitants qui n'ont rien demandé et qui sont souvent les premières victimes de cette violence.
Et je refuse cette facilité qui consiste à assimiler toute la population de ces quartiers aux voyous qui les gangrènent. Les habitants d'Empalot, ou de n'importe quel autre quartier de France, ne sont pas le problème. Ils sont les victimes d'un problème que la République n'a pas su résoudre !
Ces Français, ou non, qui travaillent, élèvent leurs enfants, tiennent leurs commerces et respectent les lois de notre pays ont les mêmes droits que ceux qui habitent les quartiers les plus favorisés. La sécurité ne doit pas dépendre du code postal ...
Mais il faut également avoir le courage de regarder une autre réalité en face. Pendant des décennies, nous avons laissé se développer des territoires où l'autorité de l'État a progressivement reculé. Nous avons trop souvent confondu politique de la ville et politique de la Nation, multiplié les dispositifs sans toujours exiger les résultats, parlé d'intégration sans véritablement défendre l'assimilation et les devoirs qui accompagnent les droits. À force de craindre de stigmatiser, nous avons parfois fini par abandonner ceux que nous prétendions protéger.
Et que dire de cette hypocrisie collective autour de la drogue ? On dénonce les trafiquants mais on continue trop souvent à considérer le consommateur comme un simple individu qui exerce sa liberté personnelle. Non ! Celui qui achète de la cocaïne ou du cannabis alimente financièrement des réseaux qui terrorisent des quartiers entiers. Il existe aussi une responsabilité du consommateur dans cette économie criminelle.
Il faut désormais changer d'échelle, la lutte contre le narcotrafic ne peut plus se limiter aux petits revendeurs et aux opérations ponctuelles. Elle doit s'attaquer aux réseaux, à leurs dirigeants, à leurs financements, à leur patrimoine, à leurs complicités, à leurs circuits internationaux et aux consomateurs.
Je défends, depuis longtemps, une réponse nationale fondée sur une autorité républicaine assumée. Des moyens humains et judiciaires durables, des sanctions réellement exécutées, des confiscations systématiques des profits criminels et un dispositif d'urgence spécifique contre le narcotrafic et la grande criminalité organisée. Un trafiquant ne doit plus pouvoir considérer la prison comme un simple accident de parcours ou le paiement d'une amende comme une charge d'exploitation.
Mais la fermeté ne suffira pas si nous ne reconstruisons pas simultanément ce que nous avons laissé disparaître. L'autorité des parents, le respect des enseignants, la transmission des valeurs nationales, l'instruction, le mérite, les perspectives professionnelles et la fierté d'appartenir à une même Nation car une République qui ne sait plus protéger ses citoyens et transmettre ses valeurs finit par perdre leur confiance.
Je suis partisan de l'autorité. D'une autorité juste, ferme, respectueuse des libertés mais qui ne tremble pas devant ceux qui les piétinent.
L'autorité n'est pas l'autoritarisme. Elle est précisément ce qui permet aux honnêtes gens de vivre libres !
Je veux aussi dire une chose aux responsables politiques de tous bords : cessez de transformer chaque drame en querelle politicienne !
La sécurité des Français n'est ni de droite ni de gauche. Elle est une responsabilité fondamentale de l'État et cette responsabilité ne peut pas être abandonnée aux seuls maires, aux policiers municipaux ou à des habitants contraints de se mobiliser pour réclamer protection.
Hier, à Empalot, des citoyens ont dû descendre dans la rue pour demander le droit de vivre sans craindre une balle perdue. Ce n'est pas à la population de supplier les pouvoirs publics de la protéger. C'est à l'État d'assumer pleinement sa première mission !
Je ne veux pas d'une France où les honnêtes gens doivent se barricader pendant que les criminels occupent les rues.
Je ne veux pas d'une France où des parents tremblent en accompagnant leurs enfants à la crèche.
Je ne veux pas d'une France où l'on finit par trouver normal de vivre avec la peur.
Je veux une France où les voyous ont peur de la justice et non une France où les citoyens ont peur des voyous !
C'est une question d'autorité. C'est une question de souveraineté. C'est une question de justice sociale car il n'existe pas de véritable justice sociale lorsque les plus modestes sont les premiers à subir la loi des criminels.
Empalot nous adresse un avertissement, il est temps de l'entendre.
La République ne doit plus reculer. Pas un quartier, pas une rue, pas un mètre carré de notre territoire ne doit être abandonné à la criminalité ! L'ordre républicain n'est pas négociable. La sécurité des Français non plus.
Pour l'Autorité, le Progrès et l'Unité, Parions France !