De Duruy à Paty : la même intransigeance pour l'instruction !

Publié le 16 octobre 2026 à 10:00

16 octobre 2020 – 16 octobre 2026. Six ans déjà.

Il y a six ans, Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, était sauvagement assassiné par un terroriste islamiste pour avoir fait ce que la Nation attendait de lui, c'est à dire enseigner, transmettre le savoir et éveiller l'esprit critique de ses élèves.

Trois ans plus tard, le 13 octobre 2023, Dominique Bernard, professeur de lettres, tombait à son tour sous les coups du terrorisme islamiste, dans son établissement d'Arras, en tentant de protéger les autres.

Deux enseignants. Deux serviteurs de l'instruction. Deux hommes assassinés par un fanatisme qui ne supporte ni la liberté de penser, ni celle d'enseigner.

Ces drames nous rappellent une vérité fondamentale, l'instruction n'est pas seulement une politique publique, elle est l'un des fondements de notre souveraineté nationale et populaire.

Sous Napoléon III, Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique de 1863 à 1869, avait compris que le progrès d'une Nation passait d'abord par l'instruction de son peuple. En développant l'enseignement primaire, en favorisant l'instruction des filles, en encourageant la gratuité scolaire, notamment par sa loi du 10 avril 1867, il entendait faire reculer l'ignorance et permettre au plus grand nombre d'accéder au savoir. Duruy voulait aller plus loin encore, jusqu'à l'instruction obligatoire. Il se heurta aux résistances de son époque, notamment à celles qui refusaient de voir l'État affirmer pleinement son rôle dans l'instruction de la jeunesse.

De Victor Duruy à Samuel Paty et Dominique Bernard, les époques, les circonstances et les combats diffèrent mais une même conviction traverse notre histoire : l'instruction doit libérer les consciences, jamais les soumettre. L'École doit donner à chaque enfant les moyens de comprendre le monde, de raisonner par lui-même et de devenir un citoyen libre.

Voilà pourquoi l'assassinat de Samuel Paty, comme celui de Dominique Bernard, dépasse l'horreur de deux crimes. En frappant ces enseignants, le terrorisme islamiste a voulu frapper l'une des institutions essentielles de notre Nation. Six ans après, nous devons nous poser une question : avons-nous réellement tiré toutes les leçons de ces assassinats ?

Peut-on accepter que des professeurs hésitent à aborder certains sujets par crainte des réactions ? Peut-on tolérer que des pressions religieuses ou communautaristes prétendent dicter le contenu des enseignements ? Peut-on laisser nos enseignants seuls face aux intimidations ? Ma réponse est non !

L'autorité de la République doit protéger ceux qui instruisent. Elle doit garantir que les savoirs, l'histoire, les sciences et la liberté d'expression ne seront jamais soumis aux interdits des fanatiques. L'autorité n'est pas l'autoritarisme. Elle est ici la condition même de la liberté.

Nous devons retrouver cette ambition d'une instruction nationale qui ne se contente pas de délivrer des connaissances mais qui élève les individus, rassemble les Français et prépare les générations futures. Une instruction exigeante, accessible à tous, fondée sur la transmission, le mérite, l'esprit critique et l'amour de la Nation.

Je refuse que les noms de Samuel Paty et de Dominique Bernard deviennent de simples rendez-vous commémoratifs, suivis de discours convenus avant de retourner aux renoncements quotidiens. Leur rendre hommage, c'est défendre concrètement la mission pour laquelle ils ont consacré leur vie.

De Duruy à nos enseignants d'aujourd'hui, il existe une exigence qui ne devrait souffrir aucun compromis : donner à chaque enfant de France les moyens de penser librement.

En ce 16 octobre, mes pensées vont aux familles et aux proches de Samuel Paty et de Dominique Bernard, ainsi qu'à l'ensemble de la communauté enseignante.

L'École appartient à la Nation. Ni les fanatismes, ni les communautarismes, ni les intimidations ne doivent pouvoir lui imposer leur loi.

Samuel Paty, Dominique Bernard, la France ne vous oublie pas !